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jeudi 22 septembre 2011

Madvillain en "sculpture hip hop"


Pour fêter ses quinze ans, le label Stones Throw a organisé un concours de vidéos. Tout le monde pouvait y participer. Comme l'expliquait Peanut Butter Wolf, son fondateur : "les règles sont simples. Il faut choisir n'importe quel morceau du catalogue Stones Throw. Réaliser sa propre vidéo sans contrainte technique, en utilisant des images existantes ou en en tournant d'autres soi-même, ou en mélangeant les deux. Et la poster sur YouTube, Vimeo ou n'importe quel autre serveur au plus tard le 1er juillet".

La sélection se faisait en fonction des commentaires des internautes et du choix de Peanut Butter Wolf. Plutôt que de vous montrer celle qui a gagné un prix de 1000$ avec l'opportunité de diriger un vrai clip, j'ai préféré choisir mon coup de cœur. Et ce n'est pas par chauvinisme, pas parce que son auteur est français.

JYB (Jean-Yves Blanc) a choisi d'adapter à sa façon "Strangeways", un titre extrait de l'album Madvillainy. Madvillain, c'est la rencontre entre Madlib et MF Doom. Leur unique album, sorti en 2004, est déjà un classique.


Déjà reconnu pour ses Hip Hop Sculptures, Jean-Yves Blanc n'est pas quelqu'un qui fait les choses à la légère ou qui se compromet sur un projet qui ne lui plairait pas. C'est un passionné qui prend son temps : chaque figurine lui demande entre vingt en cinquante heures de travail. On imagine sans mal la fascination qu'on pu exercer sur lui Madlib et MF Doom, le rappeur au masque de fer.


Pour ce concours de Stones Throw, il ne s'est pas contenté de modeler des figurines, il a tout fait lui-même : il a construit tout un décor et a réalisé un vrai clip. Ce qui force l'admiration dans ces films d'animation réalisés en stop-motion, c'est le travail de titan qu'ils exigent. Mais sans même parler de l'animation proprement dit, la reconstitution méticuleuse d'un décor réveille le souvenir de nos passions enfantines, de nos rêves frustrés d'avoir un train électrique avec des maquettes réalistes, des ponts, des routes, de nos installations de petits soldats en décors réels, etc... Dans ce genre de travail, avant même la mise en mouvement des personnages, on est bluffé par le soin apporté au moindre objet. Que ce soit chez Nick Park avec Wallace et Gromit, ou Shaun le Mouton, ou ici chez Jean-Yves Blanc. Le soin apporté au moindre détail y est remarquable : le repaire encombré de rangées de vinyls, la platine de guingois et même des effets spéciaux qui font se consumer le blunt de Madlib ! Bon, le problème avec ces types, c'est qu'on se dit qu'ils sont quand même un peu des malades, des maniaques de la minutie.


JYB a réalisé "ce "Strange Ways" avec pour seul outil, un cure-dent ! Et un peu de pâte à modeler. Hélas, il n'a fini que troisième de ce concours que, franchement, il aurait mérité de le gagner.

Pour voir les autres finalistes et le vainqueur du concours de Stones Throw...

lundi 29 août 2011

Aloe Blacc, une vidéo dans Paris


C'est avec une pensée pour les amis parisiens que je poste cette nouvelle vidéo d'Aloe Blacc. C'est peut-être la rentrée mais il faut garder à l'esprit que Paris est cette ville unique où l'on vient du monde entier s'émerveiller et passer des vacances dont on a peut-être rêvé toute une vie. Comme Raphael Saadiq, Aloe Blacc a trouvé en France une terre accueillante. Le premier a enregistré au Bataclan son DVD live et tourné à Paris le clip de "Radio", qui annonçait la sortie de Stone Rollin', son dernier album. Aloe Blacc vient lui aussi de sortir une vidéo filmée dans Paris.


Pendant des années, rentrer de vacances signifiait pour moi retrouver Paris. Il fallait s'engouffrer dans le métro, ou attraper le 61, quelques heures seulement après s'être arraché à la douce chaleur du Sud. D'emblée, ce qui frappait et marquait le retour à la maison était l'incroyable réservoir de dingues en tous genres qu'héberge la capitale. C'était parfois glauque, sinon assez réjouissant. Arrivé à la maison, quand je posais mon sac à dos au milieu de la pièce, elle était déjà remplie et il fallait se ré-habituer à son exigüité. Tout de suite, on posait un disque sur la platine et ça adoucissait le down qui venait de nous tomber dessus.

Pour Aloe Blacc, venir à Paris, c'est presque des vacances. A la différence du "Radio" de Raphael Saadiq tourné en studio, c'est dans les rues de Paris que s'est promené Aloe Blacc. Le clip de "Green Lights" le voit ainsi déambuler des Tuileries aux Buttes-Chaumont, en passant par Montmartre. Même le métro y semble trop classe. Alors, les sites choisis donnent un air de carte postale à l'ensemble mais le public internationale devrait y trouver ses repères.

Surtout si les lieux sont touristiques, la réalisation s'est faite de façon légère, en une seule journée. Cette spontanéité n'est pas celle de la Nouvelle Vague mais celle de la Blogothèque. Ses Concerts à Emporter sont désormais légendaires. C'est justement parce qu'il avait donné un "concert" intense et intime dans ce cadre informel en octobre dernier qu'Aloe Blacc a été séduit par cette approche légère pour filmer la musique en mouvement qu'il souhaitait que Colin Solal Cardo réalise son clip.

"En octobre dernier, nous avions filmé Aloe Blacc et son groupe, qui nous avaient donné un Concert à emporter assez bluffant dans un comptoir à brunch puis dans le métro. Quelques mois plus tard, il nous a rappelé. Il avait aimé le Concert à emporter, il voulait que Colin réalise son clip. Une journée dans Paris, à courir entre les Tuileries, Montmarte et les Buttes Chaumont. Un exercice étrange et périlleux, à garder la souplesse, le naturel et la liberté des Concerts à emporter dans le cadre d’un clip. Et au final, voilà. Des sourires".

Nous avons déjà évoqué ici un des réalisateurs associés à la Blogothèque, Vincent Moon, parti autour du monde filmer des musiciens pour sa collection Petites Planètes. D'ailleurs, nous retrouverons prochainement de nouvelles escales brésiliennes de son périple.

Avec Good Things, Aloe Blacc avait signé un des albums forts de l'an dernier, délaissant sa carrière de rappeur pour contribuer à remettre au goût du jour la bonne soul et permis à son label Stones Throw de décrocher son plus gros succès commercial. On appréciera d'autant qu'il continue de privilégier la simplicité et la spontanéité avec ce petit film pris sur le vif.

jeudi 19 mai 2011

Le Chaînon manquant des Madlib Medicine Shows enfin retrouvé


On se souvient du projet fou de Madlib : sortir un album par mois de la série Medicine Show pendant toute l'année 2010. Un projet effectivement fou, des cadences infernales, le tout soutenu par le label Stones Throw qui sortait chaque album avec des visuels différents pour le CD et le vinyl, le tout alimenté par les carburants des champions : du café et de la weed. Chaque volume de cette série avait sa propre couleur musicale, sans jamais trahir cependant les fondements hip hop du projet.

Un projet titanesque assurément, un défi que j'avais même été tenté de qualifier de treizième des travaux d'Hercule si le sens de la mesure ne m'en avait dissuadé in extremis. Si ces travaux ne sont bien sûr pas aussi héroïques que ceux de notre balèze hellène, seul un forcené pouvait s'y atteler sans crainte du ridicule. Et Madlib s'est acquitté avec brio de la tâche. Seule entorse à son cahier des charges démentiel, le volume du mois de septembre, le Madlib Medicine Show #9, avait été repoussé à une date ultérieure, sans toutefois entraver les sorties suivantes de la série.


Nous sommes ravis de vous annoncer que Madlib a enfin sorti le chaînon manquant qui boucle la série :  Channel 85 Presents Nittyville. Un pur album de hip hop à l'ancienne où on retrouve au micro Frank Nitt, rappeur de Détroit. Cette fois-ci, le concept de l'album imagine une chaîne de télévision, Channel 85, et se concentre sur son émission-phare, Nittyville. Un thème propice au goût de Madlib pour les interludes, les jingles, extraits de dialogues et autres bruitages.

Pour se faire une idée, Stones Throw offre un titre en téléchargement :
Madlib & Frank Nitt, "What Can U Tell Me", Madlib Medicine Show #9 : Channel 85 Presents Nittyville

Vous pouvez aussi vous rendre sur le site de Stones Throw pour télécharger la version digitale, commander le CD ou le triple-LP. Si le CD est déjà disponible, le triple-vinyl ne sortira que le 31 mai.

Pour rappel, nous nous étions faits l'écho des aventures de Madlib et son Medicine Show en évoquant :
- le travail graphique réalisé pour les pochettes, avec une interview de Jeff Jank, directeur artistique chez Stones Throw;
- l'ajout de cognac dans la peinture pour les sérigraphies réalisées pour les versions vinyl;
- la pochette représentant les Jazzcats Crossing the Hudson, détournement d'un tableau historique célèbre d'Emmanuel Leutze, Washington Crossing the Delaware;
- voire dans un souci du détail anecdotique, le lancement d'un espresso Madlib (à 15$ le paquet)...


vendredi 13 mai 2011

Mayer Hawthorne nous offre ses reprises en téléchargement gratuit*


C'est de bonne guerre, les labels ont coutume de proposer des morceaux en téléchargement gratuit pour faire connaître artistes et albums. Stones Throw va encore plus loin, c'est carrément un mini album entier qu'il nous offre : Impressions - The Covers EP de Mayer Hawthorne. La moindre des choses, c'est de dire merci !



On le sait, c'est en sortant du créneau hip hop et en remettant la soul au goût du jour que Stones Throw a connu ses plus gros succès. Avant qu'Aloe Blacc ne rafle la mise du plus gros carton de cette bonne maison avec Good Things, Mayer Hawthorne avait connu lui aussi un joli succès avec son premier album, A Strange Arrangement.

Pour qui aurait raté ce premier épisode, rappelons que Mayer Hawthorne fait partie de cette nouvelle génération de chanteurs à qui on a collé l'étiquette "rétro" pour s'être plongé dans la soul comme on l'enregistrait entre les 60's et le début des 70's. Bien entendu, il s'agit d'une génération n'ayant pas connu cette époque, Mayer Hawthorne n'étant même pas trentenaire à l'époque de son premier album. Une métaphore décrivait bien le travail de ce multi-instrumentiste fan de Smokey Robinson qui s'est découvert chanteur sur le tard : il a pris toute la chaîne de production de Motown et en a retiré tous les éléments à l'exception de lui-même et de quelques "intérimaires".

Peanut Butter Wolf a reconnu ne pas avoir compris grand-chose aux deux premiers titres qu'il reçut : il fut d'abord surpris de découvrir que ce n'étaient pas des reprises mais des compositions originales et, ensuite, que leur auteur-interprète soit un jeune Blanc du Michigan. Peut-être chauvin, le jeune homme en question déclarait : "la plupart de la meilleure musique jamais faite vient de Détroit". En voilà au moins un qu'on ne peut pas soupçonner de flagornerie quand il prit contact avec un label californien basé à Los Angeles !

Justement parce qu'il s'est fait connaître en proposant ses propres compositions qui avaient l'air de classiques, il s'amuse cette fois-ci de l'exercice de la reprise. L'astuce ici est à chercher du côté du répertoire qui combine aussi bien des titres plus anciens, comme "Work to Do" des Isley Brothers, que des morceaux récents, comme "Don't Turn the Lights On" de Chromeo ou "Little Person" de Jon Brion, pour tous les faire sonner comme de la bonne soul vintage ! Petit malin, va !

Mayer Hawthorne, Impressions - The Covers EP (2011) mp3 320 kbps

Pour plus de détails, sur le site de Stones Throw, Mayer Hawthorne détaille chacun des titres choisis...

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* Ce message avait été posté hier, mercredi 12 mai, et semble avoir été effacé par cette fameuse panne de Blogger...

mardi 22 mars 2011

Et en plus Aloe Blacc danse très bien : "Loving You is Killing Me", la nouvelle vidéo


Hier soir, Aloe Blacc était en concert à la Cigale. Il réalise actuellement une grande tournée européenne de près de quarante dates. Montpellier hélas ne figure pas sur le parcours. Et même si le concert de la Cigale affichait complet, les Parisiens auront droit à une séance de rattrapage dans un mois, le 24 avril, au Trianon. 


A défaut, on se contentera de sa nouvelle vidéo où il envoie le pas de danse. Sa silhouette nous rappellerait presque celle de Sam Cooke, même élégance. Si ce n'est que Sam Cooke ne savait pas danser, ce qui devait bien être la seule chose qu'il ne fasse pas avec classe. Il avait pourtant essayé de s'y mettre, pour parfaire encore ses prestations sur scène, et prit donc des cours de claquettes mais, décidément, ce n'était pas son truc. Ses amis le lui firent diplomatiquement comprendre. Autre point commun, comme Sam Cooke, Aloe Blacc est un garçon cultivé qui lit (Thoreau, Ralph Waldo Emerson, les existentialistes). Et la voix ? Faut pas exagérer non plus.

Dans ce clip de "Loving You is Killing Me", minimaliste au possible, un fond blanc, une chaise basse pour seul accessoire, Aloe Blacc partage la vedette avec un gamin danseur, Miles Brown, aka Baby Boogaloo. Le gamin n'a que six ans mais il a déjà sa chaîne YouTube et a été invité à faire démonstration de ses talents dans plusieurs émissions de télé. Il n'échappe pas à la manie qu'on les enfants vedettes américains de cabotiner. J'ai souvent ici vanté les mérites du label Stones Throw qui a publié Good Things, l'album d'Aloe Blacc, insisté sur leurs exigences artistiques, leur politique de sortir des vinyls en tirage très limité, mais cette fois-ci, on peut légitimement se demander si, avec ce clip, on n'assiste pas à une tentative plus commerciale. Le genre de truc qui va ouvrir des portes à l'artiste, toucher un nouveau public, le grand public, celui qui trouvera adorable et mignon, si adorable et si mignon, de voir un enfant danser. Allez, je ne vais pas faire la fine bouche, d'autant que j'ai un jeune public à la maison friand de ce genre de performance, surtout si Baby Boogaloo se lance dans un tribute à Michael Jackson !

Pour revenir au clip, j'ignorais qu'Aloe Blacc dansait aussi bien. Cela suffit à faire le spectacle et à donner envie de le revoir. C'est comme le "Tightrope" de Janelle Monae. Quand on sait bien danser, pas besoin d'effets spéciaux ! Il danse vraiment très bien et, dans le clip, fait même un saut périlleux arrière. Un saut périlleux arrière ! Ah, ah, je suis pris d'un doute, avec mon fond toujours sceptique, je me demande si finalement ils n'ont pas eu recours aux effets spéciaux sur ce coup-là... Parce que sinon, avec toutes les publications autour de ce nouveau clip, les attachés de presse nous auraient averti qu'Aloe Blacc dans sa nouvelle vidéo faisait un saut périlleux arrière, les journalistes l'auraient interrogé : "mais où donc avez-vous appris à faire des sauts périlleux arrière ?". Non ? Vous croyez pas que ça se saurait ? Ou peut-être que c'est finalement assez commun si vous avez fait de la danse hip hop, mouais...

Cette vidéo nous offre l'occasion de réparer un manque, celui de n'avoir pas trouvé le temps de parler de Good Things, on me le demandait, "alors, quand est-ce que tu parles d'Aloe Blacc ?" Voilà, c'est chose faite, pas plus tard qu'aujourd'hui. Good Things est un album très réussi qui participe de ce retour de la soul tout en traitant de sujets contemporains. Côté mise en forme, on y retrouve les orfèvres Leon Michels et Jeff Silverman, toujours capable de faire sonner un disque à la fois vintage et contemporain. Car s'il chante soul, une musique pour lui intemporelle, une des forces d'Aloe Blacc est d'inscrire ses thèmes dans la réalité sociale de son pays. Ainsi l'album a par exemple été porté par le single "I Need a Dollar", qui entrait en résonance avec la situation de crise. 

Le succès de Good Things pourrait être l'occasion de redécouvrir son premier album, Shine Through. Bien qu'inégal, je crois que c'est encore celui que je préfère, beaucoup plus varié au niveau de ses influences, plus expérimental. D'ailleurs, la comparaison avec Sam Cooke évoquée plus haut y trouvait un nouvel argument puisque Aloe Blacc reprenait "A Change is Gonna Come", retitré "Long Time Coming". La reprise la plus originale du chef d'œuvre de Sam Cooke que je connaisse.

Un dernier mot, "Loving You is Killing Me" est extrait de Good Things mais ne figure pourtant pas sur la version de l'album que j'ai, remplacé par un autre titre, "Hey Brother".


mardi 15 février 2011

L'Art de la pochette chez Stones Throw : les Madlib Medicine Show

Indépendamment de la musique, nous avons aussi beaucoup apprécié les visuels de la série Madlib Medicine Show, notamment celle avec les Jazzcats crossing the Hudson. Nous évoquions il y a quelque temps cette fameuse pochette du #11 de la série pour laquelle du cognac avait infusé dans la peinture. Justement, Ryan Dombal, pour le magazine Pitchfork et sa rubrique Take Cover, vient de s'entretenir avec Jeff Jank, le directeur artistique de Stones Throw, responsable des visuels et des pochettes, au sujet de cette étonnante série où Madlib sortait un nouvel album chaque mois. Extraits...

Jeff Jank : "la série alterne entre albums originaux et mixtapes, et nous pressons en vinyle les originaux. Pour les LPs, nous avons habituellement toute une série d'images différentes et H+Run, l'atelier de sérigraphie, en tire plusieurs motifs, en sorte que chaque exemplaire est presque une pièce unique. Et nous détruisons les écrans quand nous avons fini pour ne pas être tenté de faire un tirage de plus".


Coquetterie supplémentaire, les pochettes des CDs ne sont pas les mêmes que celles des LPs.
"Ouais. Par exemple, la pochette du CD de Low Budget Hiigh Fi Music représente un porc-épic avec un peigne sur le crane et des poings américains, de là à découlé l'idée que tous ces animaux de la forêt allaient jouer des beats pour les pochettes des vinyles. Et c'est là que Brandy, de Hit+Run, s'est dit : 'pourquoi ne verserait-on pas du cognac Hennessy dans la peinture avant d'y souffler de la fumée ?'. Et ça a marché. (...) Il y en a juste une paire où la peinture était un peu trop liquide mais ça n'a rien endommagé. Techniquement, pour la fumée, les gars soufflait de la fumée dessus de temps en temps, c'était presque plus pour porter chance. Ca me rappelle les petits tirages fait maison que sortait Saturn Records, le label de Sun Ra".

Madlib a-t-il eu son mot à dire sur le choix des illustrations ? "Très peu, ce qui est le cas depuis les dix ans où je travaille avec lui. Il nous amène sa musique et ne nous explique même guère de quoi il s'agit ou s'il y a un thème à l'album. IC'est à moi d'essayer de comprendre. Et avec cette série où tout allait beaucoup plus vite, j'ai fait la plupart des pochettes et je me contentais de lui montrer le résultat quand elles étaient finies. Et il était là : 'cool' ".

Une des pochettes les plus étonnantes de la série représente les ébats d'un couple de lapins au milieu de la forêt. Curieux...


"C'est la mixtape la plus bizarre du lot et la pochette est une image que j'avais déjà quand la série a commencé. Je m'étais toujours dit : 'il faut que j'en fasse une pochette'. En fait, c'était la plus marrante parce qu'il y avait le livret  composé de cet étrange pamphlet que j'avais trouvé dans la salle d'attente d'une banque. C'est un de ces pamphlets qui explique comment les Illuminati, le Gouvernement des Etats-Unis et l'Eglise Catholique complotent pour dominer le Monde, etc... Je l'ai scanné et j'ai changé une partie du texte pour qu'il soit à propos de Madlib. Et la pochette montre ces lapins en pleine baise au milieu des bois - c'est la seule façon dont je puisse l'expliquer parce que le thème de l'album était la global psychedelic music".

Bizarrement, bien que les pochettes des vinyls soient des pièces uniques en sérigraphie, j'ai souvent préféré les visuels des CDs que ceux des vinyles...  Avec une préférence marquée pour le porc-épic (j'en ai même fait mon icône sur Facebook !) et celle des Jazzcats Crossing the Hudson qui a eu un tel succès que Stones Throw l'a offert  en fond d'écran !

Petit florilège :

Madlib Medicine Show #1 - Before The Verdict



Madlib Medicine Show #2 : Flight to Brazil



Madlib Medicine Show #4 : 420 Chalice All Stars




Madlib Medicine Show #8  : Advanced Jazz


Madlib Medicine Show #10 : Black Soul


Madlib Medicine Show #11 : Low Budget High Fi


mardi 1 février 2011

Stones Throw, premières images du documentaire français

La semaine va être californienne sur l'Elixir ! Pour ce premier volet, nous allons commencer par évoquer Stones Throw puisque le teaser d'un documentaire lui étant consacré circule depuis quelques jours sur la toile. Nous l'avons suffisamment répété ici, Stones Throw est un label exemplaire, autant par son catalogue que pour le soin apporté à chacune de ses sorties. Parti du hip hop, il a élargi son spectre à des artistes venus du funk, ou y allant, s'adonnant à la soul d'aujourd'hui, au rap psyché, etc... Stones Throw est même capable de sortir un disque de Madlib par mois s'il le faut (cf. la série Madlib Medicine Show). Et, à l'heure où tout le monde maugrée sur les conséquences dramatiques de la dématérialisation de la musique, eux privilégient toujours des supports qui sont aussi de beaux objets.


Avec ce petit bout de film, l'occasion est belle de pénétrer ici au cœur de la maison Stones Throw, installée à Los Angeles. Chris Manak, aka Peanut Butter Wolf, patron et fondateur du label a ouvert ses portes à deux journalistes français, Sébastien Bauer et Lucas Blaya, rédac'-chef de 90BPM, afin qu'ils réalisent leur documentaire. Le teaser a été mis en ligne sur le site du label en annonçant que le film était destiné à la "National TV France" (sic) !  Assez mince comme information. Alors, affaire à suivre. Cet extrait mis en ligne permet déjà de se faire une idée et donne envie de voir la suite. On y croise certains artistes, comme Mayer Hawthorne, Dam Funk ou Om’Mas Keith (du groupe Sa-Ra), on y voit les machines, les vinyles qui sortent des presses... Et les artistes témoignent à l'unisson de la passion qui anime toutes les personnes travaillant pour Stones Throw. Tous sont des fous de musique qui achètent et collectionnent les disques. Stones Throw, c'est un "phénomène culturel", dit même Om'Mas !

Espérons que leur film soit aussi réussi que West Coast Theory, le documentaire de Maxime Giffard et Felix Tissier, autres Frenchies partis tourner en Californie en quête du son de L.A.. En attendant d'en savoir plus, voici Stones Throw en version originale et sous-titres français..

mardi 21 décembre 2010

Madlib : du cognac sur la pochette !

Noël approche et j'aurais bien aimé recevoir un bouteille de cognac en cadeau. Ce sera finalement du rhum. Car que vous arpentiez les rayons du moindre supermarché ou alliez chez votre caviste, le choix dans les whiskies sera toujours impressionnant tandis que vous ne trouverez jamais qu'une ou deux références de cognac. Du mauvais et du trop cher ! Je me souviens que je profitais toujours d'un séjour sur l'Île d'Oléron pour aller directement chez le producteur acheter une paire de bouteilles de cognac V.S.O.P., hors de prix dans le commerce. Faudrait peut-être arrêter de trop regarder la télé et copier vos héros de séries télé, non ? J'aime bien le whisky mais, franchement, qui a-t-il de plus fin qu'un bon cognac, ce nectar des heures tardives ?

Il faut que ce soit des esthètes californiens, Madlib et Stones Throw, qui remettent le cognac à l'honneur. En effet, Madlib poursuit sa production de dément avec un nouveau volet de son Madlib Medicine Show, tournant à la cadence d'un volume par mois. Le #11 s'intitule Low Budget Hi-Fi Music. Un véritable album de hip hop. Où figure un inédit issu de la collaboration entre Madlib et le regretté Dilla, sous le nom de Jaylib. La pièce de choix qui risque d'attirer les amateurs.

Et encore une fois, Stones Throw fait bien les choses. Outre le CD dont vous pouvez voir la pochette plus haut, l'album sort en triple-vinyl dans série très limitée sous différentes pochettes illustrées par Gustavo Eandi et by Jeff Jank et dont le tirage a été confié à Hit+Run. Avec la particularité que du cognac Hennessy VSOP a été ajouté dans la peinture!!!



Pour obtenir ce résultat... 


N'ayant pas eu ce bel objet entre les mains pour en apprécier la texture, je m'interroge : ce petit reflet sur le noir en bas à gauche, serait-ce là la trace du cognac ?

dimanche 19 décembre 2010

Le Top 9 du Dr. Funkathus

Pourquoi s'en priver, hein ? Moi aussi, je m'adonne allègrement au degré zéro de l'écriture (cf. le billet précédent) en proposant une... liste. Et en adoptant pour ce faire les pratiques électorales d'une république bananière à seules fins de choisir mes albums préférés de 2010. Serge Moscovici, dans ses écrits sur l'influence des minorités, rappelait que le processus démocratique commençait à partir de trois personnes, avec la possibilité d'une majorité et d'une minorité. Mais, franchement, c'est encore tout seul qu'elle marche le mieux la démocratie ! Parfois c'est déjà assez difficile de s'entendre avec soi-même, alors les autres, pfuhhh !

Inutile de faire durer plus longtemps ce suspense insoutenable, voici donc le palmarès 2010 du Dr. Funkathus...

1. Janelle Monáe, The ArchAndroid
2. Carlinhos Brown, Diminuto + Adobró
3. Gonjasufi, A Sufi and A Killer
4. Seu Jorge & Almaz
5. Galactic, Ya-Ka-May
6. Trombone Shorty, Backatown
7. Of Montreal, False Priest
8. Chucho Valdes, Chucho's Steps
9. Madlib, pour l'ensemble de son œuvre de 2010


1. Janelle Monáe, The ArchAndroid
Les trois premiers de ce classement ne souffrent aucune discussion. Ce sont clairement les albums qui m'ont le plus marqués en 2010. L'ordre n'a pas non plus connu trop d'hésitations. Janelle Monáe, avec The ArchAndroid, est même, à mon sens, hors-concours tant son talent est une évidence qui s'impose même aux observateurs distants. Reconnaissons que j'ai hésité un instant entre les albums de Carlinhos Brown et Gonjasufi pour savoir lequel mettre sur la deuxième marche. D'un côté, un nouveau venu sorti de nulle part ou vaguement du désert et dont l'album est un OVNI, de l'autre, un artiste confirmé qui signe son retour au premier plan, Carlinhos Brown. L'album de Janelle mérite une présentation plus précise, on y revient très vite... En attendant, les précédents messages lui étant consacrés, c'est (et aussi dans la barre de libellés)...

2. Carlinhos Brown, Diminuto
Même s'ils ne sont pas encore distribués chez nous, Carlinhos Brown a sorti deux albums en 2010, l'un d'entre eux, le plus ambitieux, était même offert en téléchargement gratuit pendant les premières semaines après sa sortie sur le site de son mécène, Natura. Brown est l'artiste le plus fréquemment évoqué dans les colonnes de l'Elixir, comme en témoigne la barre des libellés, à gauche de cette page. Il était évident qu'un nouvel album attire notre attention mais il l'était moins qu'il nous emballe autant. J'avais été en effet très déçu par son précédent, A Gente Ainda Não Sonhou et n'attendais pas grand-chose de son successeur. Je me suis trompé dans les grandes largeurs et c'est tant mieux car comme vous le savez peut-être, j'ai délaissé depuis une dizaine d'années la sociologie pour me consacrer exclusivement à la funkologie, y compris (ou en particulier) dans sa version pata-. Au sein de cette discipline en quête de reconnaissance académique, je me suis spécialisé dans une branche particulière, la brown-ologie. Au sein de cette branche, plusieurs sous-branches : la djémsienne, la ruthième, la chuquième, mais aussi la carlinienne. Celle qui nous concerne. Sans forfanterie, je me présente  donc à vous en tant que funkologue expert en brownologie-carlinienne. Vous avez déjà pu découvrir dans nos colonnes un certain nombre d'articles consacrés à Carlinhos Brown, dont une critique de Diminuto, l'album qui lui permet de figurer à la deuxième place de notre Top 10 annuel. Concernant Adobró, nous y reviendrons quand il en sera question de ce coté-ci de l'Atlantique et dédierons alors un nouveau cycle de messages à l'Ange-Conducteur de Bahia.


3. Gonjasufi, A Sufi and A Killer
Surgi de nulle part (même s'il avait déjà quelques enregistrements de rap confidentiels au compteur), Gonjasufi fait partie de ces artistes qui, dès les premières secondes d'écoute, provoque un choc. Un son si particulier, lo-fi, grésillant, une voix qu'on croirait de vieillard, nasillarde et geignarde, qui semble celle d'un spectre ancestral. Une façon de se mettre à nu, intense, presque gênante... Une expérience. Au départ, j'avoue avoir douté de la réalité de Gonjasufi, je me suis demandé s'il n'était pas un nouveau canular façon Clutchy Hopkins. Il s'est vite avéré que non, qu'il s'appelait en réalité Sumach Ecks, qu'il avait vécu en ermite dans le désert du Nevada, qu'il était mystique et prof de yoga (occasionnel). On a même pu lire de ci, de là, qu'il était une sorte de gourou : un vrai non-sens. Pour être gourou, il déjà être capable de s'occuper de soi, présenter un masque de certitudes, tout le contraire de Gonja qui semble tiraillé par le doute et trop instable. Une grande partie de son temps est dédié à l'éducation de ses enfants, une éducation parfois surprenante. "A un moment, je regardais La Mouche (version Cronenberg, ndla) en boucle et ça me faisait délirer grave. Je l'ai passé à mon fils. Ca lui a foutu une trouille d'enfer. Et je lui disais : 'assieds-toi et regarde ce putain de film avec moi, bro'. Ce film m'avait fait peur quand j'étais enfant, alors pourquoi est-ce que je ne lui ferais pas subir la même chose ?" Curieuse conception de l'éducation, où l'on juge bon de reproduire sur son fils les traumatismes de sa propre enfance. Et curieuse façon de s'adresser à son fils en lui donnant du "frère" (bro est la contraction de brother, ndla). Que celui qui n'a jamais fait d'erreur avec ses enfants lui jette la première pierre, ce n'est pas moi qui le ferai. Je ne suis pas de ces donneurs de leçon.

C'est un article consacré à Gonjasufi, "L'Agneau pascal selon Gonjasufi" qui est la page la plus visitée de ce blog. Il y est question de son morceau "Sheep" et personne ne m'a encore laissé de commentaires pour me signifier qu'en anglais, l'agneau se dit lamb et le mouton sheep. Mais pour un texte publié à Pâques, la tentation du jeu de mot était trop forte et invitait donc à l'approximation linguistique.


4. Seu Jorge & Almaz
Seu Jorge possède une voix incroyable. De Sam Cooke, on disait : "he could sing the telephone book", il pourrait même chanter l'annuaire téléphonique. On serait tenter de dire la même chose à propos de Seu Jorge. L'entendre interpréter un répertoire de choix, uniquement des reprises, est un plaisir qui ne se refuse pas : Jorge Ben, Michael Jackson, Roy Ayers, Tim Maia, Kraftwerk, Noriel Vilela, Nelson Cavaquinho... Bien sûr, on peut se demander si cela mérite de figurer dans une sélection des meilleurs albums de l'année. Mais pourquoi privilégier la composition à l'interprétation ? Ici, cette interprétation est l'œuvre de Seu Jorge donc, mais aussi de Lucio Maia (guitares) et Pupilo (batterie), membres de Nação Zumbi, et d'Antonio Pinto (basse). Le point de départ de ce projet remonte au moment où chacun des membres devait proposer aux autres un morceau qu'il aurait aimé écrire. Et le choix est un sans faute. En outre, sans que les titres choisis soient obscurs, c'est l'occasion de faire découvrir au public international un répertoire brésilien qui sort des sentiers battus et des standards de la bossa nova. Alors vaut-il mieux un album de mauvaises compositions ou de belles interprétations ? La seconde option, non ? Seu Jorge & Almaz sur l'Elixir...

5. Galactic, Ya-Ka-May et 6. Trombone Shorty, Backatown
Le funk de NOLA déboule en force dans notre classement avec deux albums, celui de Galactic et celui de Trombone Shorty. Les deux disques sont dans le même esprit, une sorte de formule gagnante, une mixture funk qui balance du groove avec un gros son rock. Si le talent de Troy Andrews, aka Trombone Shorty, est impressionnant quand on pense qu'il n'a que vingt-quatre ans, nous avons placé l'album de Galactic un rang plus haut pour sa dimension collective et fédératrice. Il serait trop facile de dénigrer Galactic en les taxant de backing-band, il s'agit effectivement d'un groupe instrumental. Un groupe qui invite de nombreux chanteurs et rappeurs à venir faire la fête : Allen Toussaint, Irma Thomas Big Chief Bo Dollis, les Sissy Bouncers Katey Red, Big Freedia et Sissy Nobby, sans oublier les jeunes Trombone Shorty et Glen David Andrews, ou la participation du Rebirth Brass Band, etc, etc... Le casting est impressionnant, rendant à la Nouvelle Orléans sa réputation créole de tolérance et de brassage, ici entre Noirs et Blancs, jeunes et vieux, hommes et femmes, hétéros et gays. Une bonne tambouille où se mêlent funk, fanfare, bounce, rock, à écouter sans modération jusqu'au bout de la nuit en poussant le volume. Une bonne tambouille puisque le ya-ka-may est une soupe roborative vendue dans les rues et qui a la réputation d'éponger les gueules de bois ! Quant au super-funk-rock de Trombone Shorty, là aussi, vous pouvez monter le son !

7. Of Montreal, False Priest
Ou le deuxième effet Janelle ! Alors que ce groupe originaire d'Athens, Géorgie, jouit d'un statut enviable, que False Priest est déjà leur dixième album, je n'ai même pas souvenir d'avoir lu une seule critique de l'album dans la presse spécialisée, uniquement sur quelques blogs. Certes, leur clip de "Coquet Coquette" a, paraît-il, provoqué un petit scandale, comme quoi il n'en faut pas beaucoup pour effaroucher certaines bonnes âmes ! J'avais écouté sans beaucoup d'attention quelques titres des deux précédents albums mais c'est avec celui-ci que j'ai vraiment découvert Of Montreal. Le déclic fut leur participation à l'album de Janelle Monáe sur le titre "make the Bus" où le duo de la miss et Kevin Barnes fonctionnait si bien qu'il déboucha sur deux autres titres. Sur l'album d'Of Montreal cette fois-ci. Autre invitée de Kevin Barnes et sa bande, Solange Knowles (oui, la sœur de Beyoncé) pour un "Sex Karma" dont le refrain "You look like a playground to me" tombe à point nommé pour rappeler que le sexe devrait toujours être "par surprise", avec l'imagination, dans l'inspiration du moment. Sur l'album je trouve en particulier irrésistible "Hydra Fancies" où Kevin Barnes se pose comme fils naturel et illégitime de David Bowie et George Clinton, comme si le P-Funk servait de bande-son à un opéra glam rock.

8. Chucho Valdes, Chucho's Steps



Cette liste n'est pas un classement de l'excellence musicienne, sinon Chucho Valdes y figurerait bien plus haut. Voici en effet un artiste en pleine maturité qui a atteint un niveau de maîtrise de son art absolument phénoménale, assortie d'une vision musicale qui lui permet de poursuivre et d'approfondir ses explorations et son élaboration d'un idiome particulier de jazz afro-cubain. Etourdissant.






9. Madlib, pour l'ensemble de son œuvre de 2010
L'ensemble de son œuvre ! Et c'est beaucoup de disques. Au moins 17 albums si je ne me suis pas trompé dans mes calculs ! Otis Jackson Jr. est prolifique et même plus que ça : c'est un dingue. Madlib mérite largement de faire partie de notre sélection même si je n'ai pas écouté en boucle ses albums, et d'ailleurs je n'en ai écouté qu'une petite partie. Et pour cause ! Rien que le Madlib Medicine Show compte douze albums, un par mois. Bon, il y a quand même un ou deux volumes de retard mais comment pourrait-il en être autrement. A travers Madlib, on apprécie la politique de Stones Throw, à la fois dans les choix artistiques mais aussi dans son approche esthétique des objets vinyls et CDs. Sans oublier que, pour un blogueur, leur site est une aubaine. Quant à Madlib, il contredit l'idée répandue qu'une consommation excessive de cannabis freine l'activité, tant on sait que l'homme part en immersion dans sa collection de vinyls, en une apnée prolongée par ses adjuvants fétiches, la weed et le café. Et le cognac ? Il en fait un usage très particulier dont je vous informe très prochainement...

Vous allez bien sûr me demander quel est le dixième sur la liste. Je l'ignore. Si cette liste s'arrête à neuf, ce n'est pas pour faire l'intéressant, c'est juste que j'hésite encore sur l'album manquant. J'hésite. Flying Lotus, The Roots avec ou sans John Legend, Aloe Blacc, Push Up, Baiana System, The Dead Weather, Blundetto, Moussu T (pour seulement quatre titres aux paroles si bien tournées), etc, etc... Une liste est par définition trop lapidaire, arbitraire. Je préfère l'idée de laisser la porte ouverte.

mercredi 1 décembre 2010

Seu Jorge & Almaz, "The Model" (Chapter 2) : Oshun and the Dream

Début novembre, nous avions présenté dès sa sortie la vidéo de "The Model", une reprise de Kraftwerk, le premier clip inspiré de l'album de Seu Jorge & Almaz, voici maintenant le deuxième volet Oshun and the dream, tout juste dévoilé par l'IFC (Independent Film Channel)... Toujours en noir et blanc. Toujours situé dans cette belle maison sur les collines de Hollywood. Toujours réalisé par Kahlil Joseph. La première partie nous avait laissé sur notre faim. Elle n'était finalement qu'un teasing. Celle-ci est une vraie réussite. Un véritable court-métrage au climat envoûtant. Seu Jorge y interprète Marcello, un type qui flotte entre sommeil et rêve puis qui s'allonge dans son fauteuil... A la fois lymphatique et troublé...

Car Marcello est obsédé. Il s'étend, au sens propre et figuré, auprès de sa psy au sujet d'une femme qui apparaît dans tous ses rêves. C'est une jeune femme noire aux cheveux très courts, très belle. "Enigmatique", c'est le mot qu'utilise Marcello. Il n'en est pas tout à fait sûr, après tout, c'est un rêve, mais il pense qu'elle doit être un mannequin, ou quelque chose comme ça... Cette apparition onirique est interprétée par une vraie mannequin, Jodie Smith, et si elle vous trouble autant que ce pauvre Marcello, vous pouvez aller jeter un oeil sur son propre blog... Pour rappel, dans le candomblé, Oshun (ou Oxum) est l'orixa associée aux rivières et à la... beauté.


Beau film. Très audacieux dans son approche : illustrer une chanson sans pratiquement la faire écouter, tout en la rendant entêtante. Dans "The Model" (Chapter 2) : Oshun and the dream, on entend le score qu'a composé Miguel Atwood-Ferguson (dont on apprécie le travail au sein du collectif Build An Ark), on entend Seu Jorge chanter les premières lignes de la chanson en s'accompagnant à la guitare, un extrait du morceau joué avec Almaz, comme en fin de bande, quand ça s'étire en dub, comme si Kraftwerk se produisait dans un terreiro... Et quelques notes seulement de la version de l'album, qui suffisent à imprégner l'ambiance du film et nous trottent ensuite longtemps dans la tête...




jeudi 30 septembre 2010

Dam-Funk, l'ado qui aimait les grosses fesses

Le premier message de ce blog s'intitulait Cosmogonie de la paire de lunes et était tout dédié au booty. Nous y tenions ce genre de propos définitifs : "si le funk n'agit pas directement sur le booty, c'est pas du funk". A l'heure où Stones Throw, son label, nous offre en téléchargement un vieil inédit du bonhomme ,"I Like Your Big Azz (Girl)", ce n'est pas Dam-Funk qui nous contredira. .

S'il n'a sorti son premier album, Toeachizown, que l'année dernière, cela fait pourtant une bonne vingtaine d'années que Damon G. Riddick bricole son funk en solitaire. Peanut Butter Wolf, patron de Stones Throw, a donc eu la bonne idée d'aller fouiner dans les cassettes de ses vieux enregistrements. Dam-Funk lui a juste dit : "c'est ton projet, Wolf. Tu en fais ce que tu veux. C'est entre tes mains. Je ne veux même pas savoir à quoi ça ressemble tant que ce n'est pas fini. Amuse-toi". A l'arrivée, sort donc un album, Adolescent Funk, composé uniquement des morceaux enregistrés à la maison entre 1988 et 1992.

Après les vieilles cassettes, on a donc sorti une vieille photo pour la pochette. Où notre jeune Damon est en goguette avec ses amis, tous bien sapés, du moins selon les canons de ces années-là dans certaines sphères de la population.


Alors, qu'a bien pu faire Dam-Funk dans cet intervalle de vingt ans, entre ses morceaux  de jeunesse aujourd'hui exhumés et son pavé (double-CD et quintuple-LP !!!) Toeachizown de 2009 ? Outre chauffeur routier, il a longtemps été musicien de session pour les rappeurs West Coast, lesquels on le sait utilisent plus volontiers des musiciens en studio que leurs homologues de l'East Coast (voir à ce sujet, West Coast Theory, documentaire très instructif).

Pourtant, Dâm-Funk n'adhère pas au "Keep it real" des rappeurs, sa devise à lui, c'est "Keep it Fantasy" ! Nul doute pourtant qu'ici l'objet de sa fascination n'ait rien de virtuel.

Dam-Funk, "I Like Your Big Azz" (1992) mp3

mardi 21 septembre 2010

Madlib America's Most Espresso Blended

On le sait, les deux adjuvants de Madlib pour soutenir ses cadences effrénées, sont la weed et le café. Sachant cela, la marque Intelligentsia Coffee vient de lancer un blend spécial qui porte le nom de l'artiste.

"Beat Konducta Madlib's first espresso blend is a syrupy, sweet offering that has keep him awake long enough to average an album-per-day over the past three years".

A ce rythme-là, son palpitant doit avoir plus de BPM que sa musique !

Les grains proviennent de plantations à Lost Gates, Catuai, "near some good trees. Elevation : High".

Pour garantir la plus grande fraîcheur, les commandes sont bouclées le mercredi, le café torréfié le jeudi et envoyé le vendredi.

On peut se procurer le Madlib Espresso Blend sur le site de Stone Throw à... 15$ le paquet. Tout de même !



Madlib What Else ?

vendredi 17 septembre 2010

"Cheeba Cheeba" 1ère partie : Madlib, définitivement "America's Most Blunted"

"Creativity,
it's a known fact that grass increases creativity
from eight to eleven times.
In fact, everyone finds that they're more creative
stoned, than straight"
Madvillain, "America's Most Blunted"*

On connaît les deux adjuvants nécessaires de Madlib : du café et de l'herbe. Les seuls adjuvants qui lui permettent de travailler en apnée dans un océan musical d'où il ressortira des mixes, des compos, des prod's... En véritable forcené multi-casquettes.

Avant même de jeter un œil à la dernière vidéo de Strong Arm Steady, groupe dont il a produit l'album In Search of Stoney Jackson, on a compris par le titre le propos de la chanson. "Cheeba Cheeba" ! Cheeba qui désigne en argot, je vous le rappelle, la marijuana. La weed, la chronic, etc..., quoi !

Petit avertissement pré-visionnage : ce clip est si "verdoyant" que YouTube juge qu'il n'est accessible qu'aux majeurs et exige que vous ayez votre propre compte avant de pouvoir l'intégrer sur votre site. Crainte du prosélytisme ?

Si Madlib est un homme de bon goût, on imagine qu'il n'a pas donné sa caution à ce petit film caricatural. Pour Mitchy Slick, Krondon et Phil Da Agony, les trois rappeurs du groupe, être entourés de sacs et bocaux remplis de cheeba représente peut-être leur rêve de "fumeur". Si leur ambition était de célébrer là les vertus de la plante, ils font, à mon sens, fausse route. Leurs images illustrent simplement ce que l'on sait déjà tous : fumer n'insufflera pas d'esprit à qui en est dépourvu. Inutile de plus charger la mule, relevons juste que nos trois lascars ont l'imaginaire d'un épicier. On ne dépasse pas le strict matérialisme de la chose. Nous sommes loin de la poésie et l'auto-dérision de certains fumeurs de kif marocains.


Indépendamment de ces images puériles, "Cheeba Cheeba" est un titre qui fait tilt pour moi. Je pense automatiquement à une paire d'antécédents fameux... Depuis deux ou trois d'ans, j'avais même prévu d'intituler "Cheeba Cheeba" une éventuelle émission de Goutte de Funk dédiée aux évocations de la dite plante dans le funk et le rap . En référence aux morceaux de Harlem Underground Band (1976) et Tone Lōc (1989) qui portait déjà ce nom. L'émission n'a toujours pas vu le jour mais l'évocation de ces deux titres sera l'occasion des deux prochains messages... Mais n'allez pas dire que j'ai parlé d'élixir à ce sujet...

* Rappelons que Madvillain est l'association de Madlib et MF Doom. "America's Most Blunted", allez, n'ayons pas peur des mots : peut-être mon rap préféré des années 2000 !

jeudi 26 août 2010

Madlib et ses Jazzcats Crossing the Hudson

Août, huitième mois de l'année. Huitième volet de la série Madlib Medicine Show à son infernale cadence mensuelle. Cette nouvelle mixtape intitulée Advanced Jazz revisite l'histoire du jazz telle que Madlib l'envisage. C'est-à-dire en s'enfermant avec ces piles de vieux vinyles et ses platines. Sa collection ne se compte même plus en nombre de disques, elle se pèse : environ quatre tonnes !!!

Mais sur ce nouvel opus, c'est la pochette qui a d'abord attiré l'attention. Elle est illustrée par un tableau d'Emanuel Leutze intitulé Jazzcats Crossing the Hudson et représentant quelques grands jazzmen sur une barque. Réalisé en 1851, "the painting is remarkable for the fact that it was created decades before the birth of any of these jazz artists", peut-on lire sur le site de Stones Throw, qui invente pour l'occasion une citation de Wikipédia !


Et dire qu'il y a toujours quelques naïfs qui postent leurs commentaires étonnés ! Naïfs et incultes car le tableau de Leutze qui a inspiré Jazzcats... est particulièrement célèbre, il s'agit de Washington Crossing the Delaware, illustrant un moment clé de la révolution américaine de 1776. Tableau toujours exposé au Metropolitan Museum of Art.

Ceci posé, vous pouvez toujours essayé de reconnaître les Jazzcats sur leur barque s'apprêtant à conquérir New York... Et si vous séchez, voici les réponses :


L'image a tellement frappé les imaginations qu'à la demande de nombreux internautes qui la réclamaient en poster, Stones Throw a bien voulu l'offrir en wallpaper. Petit commentaire amusant d'un dénommé Chinecack, relevé sur RappCats : "this crossing of course took several additional hours due to bluntedness" !

Maintenant, dans notre France contemporaine, il va s'en dire que si un artiste devait effectuer pareil détournement, en guise de barque, nous n'aurions plus guère que Le Radeau de la Méduse.

dimanche 4 juillet 2010

The Madlib Mystique : interview + mp3

"The equipment doesn't matter,
it's the vibe you put into it.
If music sounds good, music sounds good"
(Madlib)

La semaine dernière, Jeff Weiss se lançait pour le L.A. Weekly à la poursuite de Madlib, ce qui n'est jamais une mince affaire tant on sait que le prolifique bonhomme est insaisissable... Dur à joindre : "Forget Twitter — he doesn't even use e-mail" !!! La pugnacité du journaliste fut cependant récompensée par un bel article : "The Madlib mystique" et une interview exclusive, malgré quelques reports...

On y découvre donc un Madlib fidèle à l'image que l'on se fait de lui : acharné de travail et brillantissime. Un type qui dort deux ou trois heures par nuit et carbure au café et à la weed.

Morceaux choisis :

Madlib est "surrounded by samplers, CDs, cassette decks, 4- and 8-track recorders, keyboards and drum kits. No computers. Instead there are records stacked so high they seem like obelisks. A collection described by J. Rocc as filled with the most "dirty and dusty LPs imaginable." Not just hip-hop, jazz and soul. Everything from witchcraft records and Detroit techno to obscure German Krautrock. Calling Madlib a crate-digger is like describing Albert Ayler as a saxophone player — barely accurate. Madlib doesn't just collect records, he revolutionizes them. And the thousands of albums crammed into the three-room space aren't some completist fetish, they're functional tools".


"Everyone can listen to music, but Madlib's ears detect alternate frequencies. He's a ghost-whisperer summoning analog ancestors".

"A mad scientist breaking beats down to their molecular level, seamlessly stitching loops and reshaping them into something with preternatural groove".

"Peanut Butter Wolf says, reminiscing about the days when Madlib turned their collective home's family room into a makeshift rehearsal space. "He'd make do with what he had. There was an upright bass with just one string and he'd still use it effectively. He was insane on the drums too. I'd wake up to the sound of him playing to jazz records for hours. He seemed to be doing it because he loved it, not because he necessarily wanted to improve".

Le hip-hop ? : "I grow tired of it every three or four years".

"Dilla was a John Coltrane–type dude. He was always on a higher level than me. He inspired my music to become looser and more soulful. If you look at our beat tapes, you can see when I went in his direction, and when he went in mine".

"In an environment where shameless self-promotion, technology and a surfeit of media sources have created a false air of omniscience, Madlib has retained a sense of mystique. He's a regular dude with irregular gifts, a skull hermetically sealed by sound, so much that the outside world has no bearing. Not only does he refuse to court commercial and critical tastes, but he ignores their very existence, exchanging modernity's jittery zeitgeist with an analog romanticism for the days of crates of wax and weed".

"Madlib doesn't need any of the trappings of success. He's content to loom in the background and create alternate cosmologies — aware that it's always better to be heard than to be seen".

L'exemplaire Stones Throw offre un titre du nouveau volet de la série Medicine Show de Madlib en téléchargement gratuit. L'album sortira le 27 juillet. En CD. Et en triple vinyl numéroté !!!

La présentation du projet et le track-list ici...

James Poyser - Karriem Riggins - Madlib, "Funky Butt", Madlib Medicine Show #7 : High Jazz (Stones Throw, 2010)

mardi 27 avril 2010

Dâm-Funk pour les 50 ans de Doc Martens (Mécénat 2)

Quel est le point commun entre Jean-Paul II, le Dalaï-Lama et Sid Vicious ? Tous ont porté des "Docs". Voici le genre d'anecdote indispensable que Doc Martens se plaît à colporter pour affirmer l'ampleur de sa notoriété.

Les "Docs" fêtent leurs cinquante ans. C'est donc l'occasion pour la marque de faire parler d'elle. Et l'occasion pour nous de poursuivre notre série sur les liens entre musique et mécénat. L'histoire de Dr. Martens étant, à son insu, très liée à celle de la musique, la marque a donc sollicité dix artistes en leur proposant de faire une reprise de leur choix parmi un répertoire marqué par les années punk et new wave.

La sortie de ces covers s'étalera sur tout l'année, histoire de faire durer le buzz. Le dernier en date, et troisième de la série, à s'être collé à l'exercice est le californien Dâm-Funk. Il propose pour l'occasion une reprise du "Things That Dreams Are Made Of" de The Human League. Une vidéo bien zarb'... C'est le minimum si on veut avoir une caution artistique et ne pas donner l'impression de trivialement faire du marketing.

Damon Riddick, alias Dâm-Funk, a attendu près de vingt ans avant de sortir son premier album, Toeachizown. Comme il le raconte à Vibrations, pendant longtemps il a été chauffeur routier. Il se souvient que, dans la cabine de son poids-lourd, il écoutait de la musique pendant ses voyages... "J’ai des souvenirs très précis de trajets nocturnes à travers Los Angeles. J’écoutais Larry Heard, la house de Chicago, Loose Ends, toutes les productions des années quatre-vingt-dix qui me semblaient abouties, en rêvant secrètement qu’un jour les gens pourraient aussi découvrir ma musique. J’avais pris également l’habitude d’écouter les enregistrements que j’avais fait le jour ou la nuit d’avant. Quand je repense à cette période, je me rends compte à quel point ça m’a appris à ne jamais laisser tomber. Je ne me suis jamais battu pour que ça arrive, c’est vraiment venu tout naturellement. Certains pensent qu’il est nécessaire de faire du coude pour pouvoir se faire entendre, mais ce n’est pas du tout dans ma mentalité. Je pense que la seule chose importante c’est de rester intègre sans chercher à imiter ce qui est cool à un moment donné. Surtout, il faut laisser tout le temps nécessaire pour arriver à maturation".

A quelqu'un d'aussi intègre on ne va pas reprocher de s'être vendu au Dr. Martens... Surtout si, comme il le dit, son "but est de réintroduire le respect dû aux musiciens de funk".

vendredi 19 février 2010

Madlib vs. Jaime & Nair : aquarelles en parallèle

Otis Jackson Jr. est un grand malade, un génie workaholic à l'œuvre protéiforme pour être précis. Il est plus connu sous le nom de Madlib (pour Mind Altering Demented Lessons In Beat, sic !!!). Mais sa boulimie de prod' s'exprime aussi sous le nom de Quasimoto, Madvillain, à travers la série Beat Konducta, sous le nom de Jackson Conti (en collaboration avec Mamão d'Azymuth), etc, etc, etc... J'ai même cru lire qu'il devait sortir une dizaine d'albums cette année ! Pour ce qui nous concerne aujourd'hui, c'est pour son travail sous le nom de Yesterday's New Quintet que l'œuvre de Madlib est évoquée pour la première fois par le Dr. Funkathus.


Au sein de ce groupe, il incarne à lui seul les cinq musiciens. Tant qu'à faire ! Mais, ne perdez pas le fil, c'est ce groupe (qui est donc déjà un de ses nombreux alias) qui vient de sortir, chez Stones Throw, l'album Miles Away, sous le nom de The Last Electro-Acoustic Space Jazz & Percussion Ensemble. Après avoir brillamment "envahi" le catalogue Blue Note sur l'album Shades Of Blue, il revisite cette fois-ci le jazz space et spiritual des années 70. Après Carl Craig ressuscitant le groupe Tribe et le Build An Ark emmené par Carlos Niño, il y a là une tendance qui se dessine.

Si Miles Away est un hommage aux représentants de ce courant post-coltranien, où chaque morceau est dédié à un musicien (Phil Ranelin, Roy Ayers, Larry Young, etc... et bien sûr John Coltrane et Pharoah Sanders), la pochette me fait inévitablement penser à un album issu d'un univers complètement étranger, la pop brésilienne, certes elle aussi seventies. Rien à voir musicalement, si ce n'est l'aquarelle de la pochette, dominée par le vert et une rousseur pétard qui m'évoque (incongrûment au vu de la musique) des couleurs viennoises, mon imaginaire se voyant probablement bridé et parasité par quelque évident cliché klimtien.


Derrière des allures babas ne présageant qu'une bouillie folk, l'album de Jaime Alem et Nair de Cândia dissimule au contraire une musique d'une belle sophistication. Le titre "Sob O Mar", en particulier, se détache. Un véritable petit bijou de pop orchestrale où les voix duettisent à merveille, le tout sans rien perdre de son balancement. Une synthèse admirable. Une petite parenthèse enchantée à écouter ci-dessous, avant de retrouver prochainement ici même d'autres indices de cette renaissance du spiritual jazz 70's...

Jaime Alem & Nair de Cândia, "Sob O Mar", Jaime e Nair (1974)