
A première vue, quand on regarde une girafe, ce qui nous frappe, bien sûr, c'est la longueur étonnante de son cou. Et pourtant, il faut toujours se méfier des évidences et des apparences. Coupant court aux idées reçues, Craig Holdrege, fondateur du Nature Institute à New York, affirme le contraire : selon lui, le cou de la girafe serait plutôt court. Le Nature Institute a fait sa devise du conseil de Thoreau : "the question is not what you look at - but how you look and wether you see" (la question n'est pas de savoir ce que vous regardez - mais comment vous regardez et si vous voyez). En ayant ce conseil en tête, regardez à nouveau la girafe et posez-vous la question : a-t-elle vraiment un si long cou ? N'est-il pas un peu trop... court ?
Tout n'est, après tout, qu'une question de point de vue. Dans son livre, The Giraffe’s Long Neck: From Evolutionary Fable to Whole Organism, l'ambition de Craig Holdrege est de régler leur compte à la fois au Darwinisme et au Créationnisme... Rien moins. Grâce à son approche goetho-phénoménologique (goethean-phenomenological approach, sic), l'auteur cherche à montrer les limites des diverses interprétations évolutionnistes sur le cou de la girafe. La girafe a un long cou pour se nourrir du feuillage des arbres dans une savane aride serait, selon lui, une interprétation réductrice. La girafe a un long cou pour pour que les mâles puissent s'affronter dans la conquête des femelles serait, selon lui, une interprétation réductrice. La girafe a un long cou pour garder l'équilibre dans sa course serait, selon lui, une interprétation réductrice.
Il faut, dit Holdrege, appréhender l'animal dans toute sa complexité, dans une perspective holistique. Et alors, on réalisera qu'en fait le cou de la girafe est plutôt... court. En effet, lorsqu'elle doit boire, la girafe est obligée d'écarter les jambes pour atteindre le sol. Ce n'est pas le cas des antilopes, ni même de l'okapi, proche cousin de la girafe. Ce n'est pas non plus le cas de l'éléphant, ce "géant flexible" (pour reprendre le titre d'un autre livre de Craig Holdrege) qui, comme la girafe, possède un cou court, mais compense par sa trompe, ce qui lui permet de boire sans avoir à se pencher. Non, vraiment, seule la girafe est ainsi obligée d'écarter les jambes et se pencher pour boire, ce qui atteste bien que son cou est court.
L'auteur est étonné que personne n'ait insisté sur ce fait. Peut-être, dit-il, parce selon d'autres perspectives, en fait toutes les autres perspectives sauf celle où la girafe se désaltère, le cou de la girafe est effectivement long. Mais n'insister que sur la longueur de ce cou, c'est en fait "passer à côté de la réalité de la girafe".
Tout n'est, après tout, qu'une question de point de vue. Dans son livre, The Giraffe’s Long Neck: From Evolutionary Fable to Whole Organism, l'ambition de Craig Holdrege est de régler leur compte à la fois au Darwinisme et au Créationnisme... Rien moins. Grâce à son approche goetho-phénoménologique (goethean-phenomenological approach, sic), l'auteur cherche à montrer les limites des diverses interprétations évolutionnistes sur le cou de la girafe. La girafe a un long cou pour se nourrir du feuillage des arbres dans une savane aride serait, selon lui, une interprétation réductrice. La girafe a un long cou pour pour que les mâles puissent s'affronter dans la conquête des femelles serait, selon lui, une interprétation réductrice. La girafe a un long cou pour garder l'équilibre dans sa course serait, selon lui, une interprétation réductrice.
Il faut, dit Holdrege, appréhender l'animal dans toute sa complexité, dans une perspective holistique. Et alors, on réalisera qu'en fait le cou de la girafe est plutôt... court. En effet, lorsqu'elle doit boire, la girafe est obligée d'écarter les jambes pour atteindre le sol. Ce n'est pas le cas des antilopes, ni même de l'okapi, proche cousin de la girafe. Ce n'est pas non plus le cas de l'éléphant, ce "géant flexible" (pour reprendre le titre d'un autre livre de Craig Holdrege) qui, comme la girafe, possède un cou court, mais compense par sa trompe, ce qui lui permet de boire sans avoir à se pencher. Non, vraiment, seule la girafe est ainsi obligée d'écarter les jambes et se pencher pour boire, ce qui atteste bien que son cou est court.L'auteur est étonné que personne n'ait insisté sur ce fait. Peut-être, dit-il, parce selon d'autres perspectives, en fait toutes les autres perspectives sauf celle où la girafe se désaltère, le cou de la girafe est effectivement long. Mais n'insister que sur la longueur de ce cou, c'est en fait "passer à côté de la réalité de la girafe".
Laissons le mot de la fin à Craig Holdrege :
"In sum: the whole project of explaining the evolution of an animal by abstracting from the whole leads to unsatisfying, speculative ideas on the one hand, and to conceptual dissolution of the unity of the organism on the other. A more adequate understanding requires that we first investigate the organism as a whole and how its members interrelate and interact within the context of the whole organism and its environment".
Pour ceux qui souhaiterait approfondir la question : The Giraffe's Long Neck : From Evolutionary Fable to Whole Organism (2005) au format PDF.
Pour ceux qui souhaiterait approfondir la question : The Giraffe's Long Neck : From Evolutionary Fable to Whole Organism (2005) au format PDF.