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vendredi 22 avril 2011

"Bahia Soul" et "Don Quixote", deux morceaux de Luiz Bonfá samplés


Ainsi, Luiz Bonfá serait un petit dénominateur commun entre Smoke City et Chinese Man ! Par quelque coïncidence, nous avons croisé ces derniers jours deux morceaux contenant le sample d'un morceau de  Bonfá. Ici même, à propos d'un titre de Chinese Man, et sur BossaNovaBrasil, avec un morceau de Smoke City. Luiz Bonfá est certainement un des trois plus grands guitaristes de la bossa nova avec João Gilberto et Baden Powell. Chacun possédant un style caractéristique et très différent des deux autres. Hormis des amateurs de musiques brésiliennesLuiz Bonfá est probablement le moins célèbre. Il est même malheureusement complètement inconnu de la plupart. Certains connaissent pourtant probablement son titre le plus célèbre, tout en ignorant qu'il en est l'auteur : il s'agit sans conteste de "Manha de Carnaval" qu'on retrouve dans le film Orfeu Negro.

Ayant participé à l'aventure de la bossa nova à Rio, Luiz Bonfá, comme tant d'autres compatriotes musiciens, fit ensuite carrière jazz aux Etats-Unis où il enregistra en compagnie des plus grandes pointures qui puissent s'imaginer.

En exhumant il y a quelques jours "Underwater Love" de Smoke City, Thierry de BossaNovaBrasil m'a donné envie de réécouter sa matrice. Il s'agit de "Bahia Soul", un morceau de 1968 figurant sur son album Black Orpheus Impressions, enregistré avec Ron Carter à la basse et Dom Um Romão à la batterie et aux percussions, notamment berimbau. Si j'aime encore beaucoup "Underwater Love" alors qu'il date déjà de 1997, une écoute de l'original permettra vite de mesurer ce que Smoke City doit à Luiz Bonfá. "Bahia Soul" est un titre fantastique, surprenant de la part de Bonfá. Peut-être est-ce dû au fait que je ne l'ai découvert que plusieurs années après "Underwater Love" mais je lui ai d'emblée trouvé une vraie modernité... Ou peut-être parce que la musique d'aujourd'hui travaille les boucles et la matière sonore et que "Bahia Soul" contient déjà ces dimensions... Tout est déjà en place pour que Smoke City n'ait plus qu'à poser la voix de Nina Miranda et y ajouter deux ou trois zigouigouis.


Luiz Bonfá, "Bahia Soul", Black Orpheus Impressions (1968) (320kbps)

Plus surprenant, fut de découvrir un sample de Luiz Bonfá sur "Ta Bom", un titre de l'album de Chinese Man qui vient de sortir. Nous le signalions il y a deux jours. Il s'agit de "Don Quixote", titre qui figure sur Jacarandá, un album de 1973. Comme Black Orpheus Impressions, il fut enregistré aux Etats-Unis. A Los Angeles pour être précis, c'est même indiqué sur la pochette. Là encore, la liste des musiciens accompagnant Bonfá a de quoi donner le tournis : Eumir Deodato, Ray Barretto, Stanley Clarke, Idris Muhammed, Randy Brecker, etc..., sans oublier l'indispensable Airto Moreira. S'il joue toujours de sa guitare classique, il est plus inhabituel de découvrir Bonfá jouant de la 12 cordes. Produit par John Wood et orchestré par Deodato, Jacarandá est un disque bien de son temps. Du jazz dont les claviers et la basse ont succombé au charme de la fée Electricité. Quant au titre choisi par Chinese Man, "Don Quixote", il a comme son nom le laisse supposer un vague côté hispanisant...


Luiz Bonfá, "Don Quixote", Jacarandá (1973) (320 kbps)


Si mes souvenirs sont bons, j'ai découvert ces deux albums grâce à Loronix qui fut quelques années durant le blog de référence concernant les musiques brésiliennes des décennies passées, réalisant œuvre patrimoniale en offrant des albums en téléchargement, transférés le plus souvent directement du vinyl au mp3, sans jamais être passés par la case CD. Hélas, Zeca Louro, son créateur, a disparu soudainement.

Une présentation détaillée (en anglais) de Jacarandá sur cet autre blog de référence, Orgy in Rhythm...

mercredi 20 avril 2011

Chinese Man : la Marseille Connection du groove global


Je suis devenu abonné au ratage de concerts. Après The Dø, il y a environ un mois, c'est Chinese Man que j'ai renoncé à aller voir sur la scène du Rockstore. Et cette semaine va être terrible, pour cause de week-end pascal, je ne pourrai profiter du passage montpelliérain de l'Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou, vendredi 22, et de Brass Construction, le lendemain. Si j'ajoute que la Laiterie qui proposait des concerts gratuits a été ravagée par un incendie, ça fait cher le mois d'avril !


Concernant Chinese Man, j'avais coché la date depuis quelques semaines mais restais réticent : la perspective de débourser 20€ pour se retrouver devant un collectif de DJs sans musiciens incitait à y réfléchir à deux fois. Comprenez bien que la formule d'un concert délivré uniquement par des DJs n'est pas rédhibitoire en soi, je ne suis quand même pas ringard à ce point-là ! Quand j'ai vu les Birdy Nam Nam par exemple, la dimension spectaculaire et visuelle de leur performance était très forte. Et quand vous avez devant vous un Joey Starr et un Kool Shen, les musiciens sont inutiles, nos deux lascars suffisent à faire le show. Avec eux, même les danseurs sont devenus superflus. Enfin, il y a vingt ans, quand je les voyais dans des petites salles, et que leur posse de danseurs les accompagnait, c'était pas mal, mais ces deux-là ont suffisamment d'énergie à revendre pour ne pas avoir besoin de cette distraction. Maintenant peut-être que pour un Bercy, ça meuble quand même un peu l'immensité de la scène.

J'avais déjà renoncé au projet d'aller voir Chinese Man mais le fait que la fille d'une amie âgée de seize ans veuille  y assister m'a fichu comme un petit coup de vieux et m'a définitivement dissuadé d'aller y claquer mon billet. Sans regrets.

Chinese Man est un groupe originaire de Marseille, une ville où le port du bleu de Chine est aussi répandu que les glaçons dans le pastis (cf. Moussu T). Constitué de Sly, Zé Mateo et High Ku, Chinese Man vient de sortir son premier véritable album, Racing with the Sun, après deux opus de Groove Sessions qui rassemblaient leurs maxis. Chinese Man s'inscrit dans la veine du global beat, samplant des sons venus du monde entier et les propulsant avec des beats costauds et des basses profondes. Pour ne citer qu'un exemple, les amateurs de musique brésilienne auront peut-être reconnu un échantillon du "Don Quixote" de Luiz Bonfá, tiré de Jacarandá, un de ses albums américains où notre virtuose adoptait la guitare 12 cordes, sur leur titre "Ta Bom", titre auquel participe General Elektriks.

Comme l'écrivait Kalcha dans Vibrations (n°133), "comme beaucoup de choses estampillées made in China, il ne faut peut-être pas trop se demander comment s'est fait, ni combien de temps ça durera". Ou, autrement dit, comme le bobun avec tous ses ingrédients, c'est bon quand c'est frais. A consommer sans attendre.

A défaut de la scène, voici le nouveau clip, "Miss Chang", réalisé par Christian Volckman.

mercredi 19 août 2009

Bossa Nova à la plage (nanar)

C'est toujours l'été. Certains d'entre vous rentrent pourtant déjà de vacances. La plage est loin. Je ne vais pas vous narguer en disant que la mer est proche d'ici. Au contraire, pour soigner votre saudade, je vous offre un extrait de Copacabana Palace, nanar italien de 1962, qui montre les plaisirs de la plage avec un charme rétro qui nous fait oublier qu'il s'agit probablement d'un très mauvais film. Précisons que l'intérêt vaut surtout pour son casting all-stars : Tom Jobim, João Gilberto et Luiz Bonfá. Chacun sérénadant auprès de sa belle, pendant que Luiz Bonfá trouve même le temps de pêcher. Sur la fin, la femme du personnage interprété par Jobim le surprend en sa douce compagnie, sans qu'il se démonte. J'avoue que j'aurais été curieux de voir la suite pour savoir comment il parvient à lui faire avaler pareille couleuvre.
Enfin, voilà, vamos pour la bossa nova à la plage...