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mercredi 21 juillet 2010

Vampire Weekend : l'intriguante pochette vaut-elle 2 millions de $ ?

Lors de la sortie de Contra, le deuxième album de Vampire Weekend, nous avions parlé de sa pochette. Et de son détail intriguant : la jolie jeune femme sur la photo présentait la particularité d'avoir les pupilles dilatées. Vous me direz que ce n'est peut-être que le grossier procédé qui vise à corriger les yeux rougis par le flash. Mais, là, vous perdez toute la poésie et le mystère de la chose. Excusez-moi de vous le rappeler.


Depuis, j'avais cru lire que la photo datait de 1983 et que la jeune femme avait été identifiée. A la sortie de l'abum, Ezra Koenig, leader de VW, s'était contenté de déclarer au magazine Pitchfork : "I don't want to give away all the details about the photo just yet, but I learned that she's now living in Malibu."

En fait, elle ne vit pas à Hawaï mais, plus simplement, à Fairfield, dans le Connecticutt. Et, surtout, l'histoire vient de prendre un tour beaucoup moins drôle pour les membres du groupe. On a ainsi appris que cette jeune fille s'appelait Kirsten Kennis. Que la photo avait été prise en 1983. Elle n'est plus une jeune femme et elle réclame aujourd'hui 2 millions de $ au groupe pour son utilisation abusive ! Vampire Weekend avait pourtant acheté le cliché au photographe Tod Brody pour un montant, semble-t-il, de 5000 $. Mais Kirsten Kennis prétend que sa signature cédant les droits était un faux.

Dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix, Ann Kirsten Kennis eut une carrière de mannequin. Pour autant, la photo concernée n'est pas tirée d'une session professionnelle. La photo, un simple polaroïd, fut prise par quelqu'un de sa famille, probablement sa mère. Comment donc un cliché de famille se retrouve-t-il à illustrer la pochette d'un des groupes les plus hype du moment ? D'après l'avocat de l'ex-jeune femme aux pupilles dilatées, sa mère prenait beaucoup de photos et avait pris l'habitude de les revendre par lot, genre pour 5 $ la centaine, dans des ventes de charités ou autre. Même s'ils ignorent comment la photo a pu se retrouver entre les mains du photographe Tod Brody, c'est la piste qu'ils envisagent. "Her mother was a chronic Polaroid snapshot taker, and used to sell whole archives of photographs to these shops, five bucks a hundred or whatever. Her mother may have given away to a charity bazaar a whole ream of photographs. We just really don’t know… She has no idea how that photograph got into the photographer’s hands".

Une version contestée par Tod Brody qui continue d'affirmer avoir lui-même pris cette photo en 1983 et l'avoir toujours eu en sa possession depuis...

C'est sa fille qui la première découvrit la photo de sa mère sur l'album de Vampire Weekend : "Hi, Mom, see your picture?". On peut imaginer sa surprise ! N'empêche, même si elle peut s'estimer lésée, que son droit à l'image n'ait pas été respecté, elle est tout de même rentrée dans l'histoire du rock pour la postérité. Car, quelles que soient les circonstances ayant amené Vampire Weekend à choisir son visage pour illustrer leur album, il est évident que Kirsten Kennis incarne remarquablement l'univers du groupe et son élégance discrète.


Sinon, comme le relevait le Village Voice, quand Kirsten Kennis déposa sa plainte, le seul commentaire d'Ezra Koenig sur Twitter ce jour-là fut : ";)"

mercredi 24 février 2010

Vampire Weekend : un set (de tennis) avec RZA et Lil' Jon

Des invités de marque pour taper la balle dans le dernier clip officiel de nos éternels BCBG, Vampire Weekend...

mardi 26 janvier 2010

Vampire Weekend, le détail intrigant

La sortie de Contra, le deuxième album de Vampire Weekend, est une actualité majeure de ce début d'année. Vous aurez probablement déjà lu une critique quelque part (sur le Village Voice ou Les Inrocks, par exemple), aussi ne prendrai-je pas la peine d'en rédiger une moi-même. Du changement dans la continuité ou ce que vous voulez. Un peu moins kwassa-kwassant peut-être. Quoique... Le "roulis charnel" des guitares à la mode congolaise est désormais bien assimilé et fondu dans la musique du groupe, et n'est plus le simple signe distinctif qui marquait l'originalité de leur son.

Mais toujours cette élégance qui les distingue. Toujours brillant et futé. Nos quatre jeunes garçons cultivent toujours le style Ivy League bon chic bon genre qui fit leur marque de fabrique. Même recherche dans les paroles, sans que cela semble trop forcé. Et quand bien même ça le serait, quel mal y a-t-il à vouloir enrichir le vocabulaire de la pop contemporaine. Probablement que donner comme titre "Horchata" à leur premier single découle de cette volonté.

"In December drinking horchata
I'd look psychotic in a balaclava
Winter's cold is too much to handle
Pincher crabs that pinch at your sandals".

Ezra Koenig continue d'être ce chanteur dandy qui incarne et porte l'effort collectif du groupe. Etc, etc... Le fameux écueil de la deuxième œuvre est ici passé haut la main. Je dois avant tout confesser que Vampire Weekend est le seul groupe pop-rock que j'ai écouté (c'est-à-dire plus d'une fois, après avoir passé le cap de la simple curiosité) depuis plusieurs années et ce nouvel album possède le même charme addictif. Même si celle-ci n'est pas toujours associée à la plus haute qualité, l'envie d'écouter puis de ré-écouter une musique pourrait être le plus beau compliment que l'on fasse à ses auteurs. Dont acte.

Mais ce qui m'a frappé en regardant la pochette, c'est un détail. Cette charmante jeune fille, probablement de bonne famille, avec son Polo, nous fixe d'une bien étrange manière. Pour cause : ses pupilles sont étonnamment dilatées.

Libre à nous d'en imaginer la raison. Mais cette raison devient forcément une faille dans le jeu lissé des apparences. Cette jeune fille bien sous tous rapports, jolie, certainement sportive, habillée unisexe, sans fioritures, ne peut dissimuler un trouble. Tous les codes sociaux sont maîtrisés mais, là, au cœur de l'œil, au milieu de cette fenêtre de l'âme, une pupille anormalement dilatée. Un trouble qui trouve sa source dans la chimie amoureuse ou psychotrope, peut-être ? Même si son trouble ne doit probablement rien à l'étymologie latine de fascinatio, son regard nous interroge, nous offre son mystère. Comme si Vampire Weekend, par la retenue et la suggestion, parvenait à en évoquer plus encore que les paroles recherchées qui le caractérise.