Il y a vingt ans... Sans être passéiste, il est de coutume chaque année de se retourner sur le passé, de commémorer, c'est-à-dire partager des souvenirs... Et vingt ans est la première échéance qui compte vraiment.
Il y a vingt ans donc, 1991 fut une année particulièrement riche au niveau musical. Un cru exceptionnel, 1991. Rétrospectivement, ce qui est le plus frappant, c'est que tant d'artistes et de groupes aient sorti leur premier album cette année-là, tant de pistes s'ouvraient qu'il faudrait ensuite explorer... Pour fêter les vingt ans de ces albums fantastiques, tout au long de l'année, le Dr. Funkathus en exhumera quelques uns de sa discothèque. Albums que j'ai tous acheté en vinyle dès leur sortie, à une époque où je m'obstinais et refusais encore le passage au CD ! Aujourd'hui, nous nous contenterons de citer ces albums pour que vous réalisiez l'ampleur de la chose parce que, comme ça, à vue de nez, 1991, ça n'évoque rien de particulier...
Il y a vingt ans... A côté de tous ces groupes qui sortaient leur premier disque, A Tribe Called Quest faisait presque figure de vétéran puisqu'il sortait son deuxième album, The Low End Theory, encore indémodable et sans une ride aujourd'hui. La critique eut vite fait de lui coller l'étiquette de jazz-rap, une appréciation paresseuse qui ne décrit qu'à moitié le projet et qui fut rejetée par Q-Tip, figure de proue du groupe.
Il y a vingt ans donc, 1991 fut une année particulièrement riche au niveau musical. Un cru exceptionnel, 1991. Rétrospectivement, ce qui est le plus frappant, c'est que tant d'artistes et de groupes aient sorti leur premier album cette année-là, tant de pistes s'ouvraient qu'il faudrait ensuite explorer... Pour fêter les vingt ans de ces albums fantastiques, tout au long de l'année, le Dr. Funkathus en exhumera quelques uns de sa discothèque. Albums que j'ai tous acheté en vinyle dès leur sortie, à une époque où je m'obstinais et refusais encore le passage au CD ! Aujourd'hui, nous nous contenterons de citer ces albums pour que vous réalisiez l'ampleur de la chose parce que, comme ça, à vue de nez, 1991, ça n'évoque rien de particulier...Il y a vingt ans... A côté de tous ces groupes qui sortaient leur premier disque, A Tribe Called Quest faisait presque figure de vétéran puisqu'il sortait son deuxième album, The Low End Theory, encore indémodable et sans une ride aujourd'hui. La critique eut vite fait de lui coller l'étiquette de jazz-rap, une appréciation paresseuse qui ne décrit qu'à moitié le projet et qui fut rejetée par Q-Tip, figure de proue du groupe.
Outre-Manche, 1991 fut aussi une riche année. S'il n'existait pas une véritable scène rap britannique, l'influence du hip hop donnait naissance à deux styles musicaux distincts le trip hop et l'acid jazz. Certes, on sait que les noms de ces styles sont parfois contestables, fruit de l'imagination d'un critique, que la porosité de leurs frontières est avérée, y compris entre les deux genres cités ici. L'incubation peut prendre quelques années, les groupes être à cheval entre plusieurs genres, ne pas se reconnaître dans l'étiquette qu'on leur pose, il n'empêche, avec le recul et quelque arbitraire, on pourra considérer qu'en 1991 deux groupes qui sortirent leur premier album furent les ambassadeurs d'un genre émergent, qui peut-être ne portait même pas encore de nom... En 1991, Massive Attack sortait son premier album, Blue Lines, où la variété des voix trouvait un écrin propice à la flânerie, et se posait sur des rythmiques downtempo qui donnaient son homogénéité à l'ensemble. Un album qui allait devenir représentatif de ce que la presse appela le trip hop.
Simultanément, Galliano sortait In Pursuit of the 13th Note, encore un premier album, et lançait la vague de l'acid jazz, concept inventé opportunément par Gilles Peterson et qui était incarné par les groupes signés sur son propre label Talking Loud, Galliano mais aussi les Young Disciples la même année.
En France, certains albums sortis cette année-là ne méritent peut-être pas de figurer dans des anthologies de la musique du XXe siècle mais sont eux aussi des bornes historiques. Ainsi, le rap français encore émergent et embryonnaire quelques mois auparavant, balançait deux bombes coup sur coup : les premiers albums d'IAM et du Suprême NTM. IAM et NTM qui demeurent, vingt ans après, les deux plus grands groupes qu'ait connu le rap français. Toujours en 1991, pour bien marquer sa différence, un troisième larron inventait une autre façon de poser ses mots sur le tempo, plus ludique, MC Solaar...
Toujours en France, en marge du Mouv', un revival funk s'était développé. Issu de ce microcosme, Malka Family et la FFF sortirent également leur premier album en 1991. Même si On The Beach et Blast Culture témoignaient de la difficulté à retranscrire sur disque l'enthousiasme de la scène, ces deux albums furent pour moi des disques fétiches en leur temps, fréquemment écoutés entre deux de leurs concerts.
Tous n'ont pas la même importance, je le concède. The Low End Theory, Blue Lines et, à un degré moindre, In Pursuit of the 13th Note, sont des jalons incontournables. Ramené au contexte français, les débuts d'IAM et NTM posèrent les bases du rap hexagonal et méritent donc cette considération. Tout au long de cette année 2011, ils seront l'objet d'une rétrospective. Le plus frappant est que tous ces groupes aient signé leur premier album cette même année. Si certains ont pris un sacré coup de vieux, tous, en leur temps, ouvrirent des pistes. Vingt ans, pour nous aussi, ça fiche un sacré coup de vieux...