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dimanche 15 mai 2011

France-Brésil 1-3, le 15 mai 1981 au Parc des Princes


Le 15 mai 1981, il y a trente ans jour pour jour, nous recevions le magnétoscope que mes parents avaient commandé quelques semaines plus tôt, probablement à la CAMIF. A l'époque, ce genre d'engin coûtait réellement une fortune et je suis rétrospectivement étonné qu'ils aient fait un tel achat car ce n'est qu'un an plus tôt que nous avions remplacé la vieille télé en noir et blanc par une couleur.  Et si je m'en souviens si précisément de cette date c'est parce que le soir-même, j'étais avec mon frère au Parc des Princes, pour un France-Brésil amical.

Le magnétoscope fut donc étrenné en enregistrant ce France-Brésil, afin de revoir à volonté les belles actions, les buts. C'était également le premier match de l'équipe de France auquel j'assistais et le long trajet en métro sur le chemin du retour jusqu'à notre XXe arrondissement fut légèrement morose de la défaite sans appel encaissée ce soir-là. Cela gâchait aussi un peu les revisionnages du match que nous nous imposions cependant.





Pourtant quel festival ! Si Platini était absent ce soir-là, en face il y avait Zico et Sócrates. Sans oublier, au milieu l'énorme Cerezo, ou Junior, arrière qu'on retrouvait souvent aux avants postes, Eder, ailier gauche à frappe de mule, ou Reinaldo, subtil avant-centre. En revoyant les images, je redécouvrais également un nom que j'avais complètement oublié, Paulo Isidoro, excellent volante. Si les Bleus de Michel Hidalgo allaient nous régaler d'un football de rêve au Mondial de 1982, avec ses trois numéros 10 au milieu de terrain, ce soir du 15 mai 1981, ils ont reçu une belle leçon de football avec un Brésil qui jouait encore à la brésilienne.

On retiendra la superbe offrande de Sócrates à Zico sur le premier but, et la réciproque sur le troisième, avec cette magnifique "louche" de Zico qui lance Sócrates dans le dos de la défense. Entretemps, Reinaldo avait doublé la mise sur un centre d'Eder décalé par Junior. Didier Six avait sauvé l'honneur en toute fin de match, avant de se faire expulser bêtement.

Quelques années plus tard, sur ce même terrain, Raí, le petit frère de Socratès, allait lui aussi faire la misère à l'équipe de France avant d'enflammer le Parc des Princes sous le maillot du PSG. Depuis ce "baptème" de 1981, je n'ai assisté qu'à un seul autre match du Brésil dans un stade. C'était à la Mosson, pour un match amical contre l'Algérie : je voulais voir au moins une fois Ronaldinho en vrai, ne fréquentant plus le Parc depuis belle lurette à l'époque où lui aussi jouait au PSG.

Vous pouvez voir tous les buts du match sur le site de l'INA, voire même les dix premières minutes gratuitement et l'intégralité du match moyennant finances... Voici déjà le troisième but, signé Socratès.



dimanche 1 mai 2011

Laurent Blanc doit-il être licencié pour faute grave ?

"5. Nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, 
en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances"

"16. La France forme avec les peuples d'outre-mer 
une Union fondée sur l'égalité des droits et des devoirs, 
sans distinction de race ni de religion"
(Préambule de la Constitution de 1946)

Après la révélation par Médiapart, d'échanges évoquant de futures éventuelles politiques discriminatoires de détection des jeunes footballeurs, sur la base de quotas*, Laurent Blanc doit-il démissionner ? La question mérite d'être posée. Une démission n'engage que lui, en conclusion des échanges fructueux qu'il a dû avoir avec sa conscience ces derniers jours, et ne peut être que de son propre chef. A vrai dire, pour une affaire aussi grave, ne devrait-il pas être licencié pour faute grave ? Cela semble pourtant peu probable : la suspension de François Blaquart, le DTN, qui a déjà servi de fusible, devrait faire diversion et protéger le sélectionneur.


Ou comment de faux problèmes entraînent une vraie crise. Les deux sujets abordés lors de cette fameuse réunion du 8 novembre étaient la question des joueurs sélectionnés dans les équipes de jeunes françaises avant de rejoindre une autre sélection en A, et la détection des très jeunes joueurs, vers 12 ou 13 ans, afin que le physique ne soit plus le seul critère, l'exemple de la sélection espagnole et du Barça démontrant que la taille n'est pas un argument.

Comment des questions techniques peuvent-elles déboucher sur une réponse qui bafoue la constitution ? Parce que, comme le disait Lilian Thuram, "quand vous partez avec la mauvaise analyse, à la fin vous avez forcément les mauvaises propositions". Mais comment est-on parti d'une si mauvaise analyse ? Parce qu'il finit par y avoir une porosité des esprits aux efforts insistants du gouvernement pour faire des thèmes de l'identité nationale un enjeu central de notre société ? Car, après tout, le football ne fait que refléter l'état de nos mentalités. Une société française où les propos racistes sont désormais complètement décomplexés, où le président de la République joue une stratégie électorale d'un cynisme incroyable qui le pousse, comme on dit, "à ratisser sur les terres du Front National".

Je ne pense pas que Laurent Blanc soit raciste ni xénophobe. C'est son cri du cœur : "être soupçonné de racisme ou de xénophobie, moi qui suis contre toute forme de discrimination, je ne le supporte pas". Parenthèse : je ne pense pas non plus que Nicolas Sarkozy soit raciste et c'est bien pire encore !

Les bi-nationaux et les critères (physique vs. technique) de détection
Reprenons les deux sujets évoqués. En préambule, soulignons l'amalgame qui est fait par les participants à cette réunion de la DTN entre deux choses n'ayant rien à voir entre elles. C'est justement cet amalgame qui nous fait dire que c'est très grave. Car le seul lien entre les deux sujets, c'est les Noirs, pardon les "Blacks". D'un côté, certains d'entre eux risquent de rejoindre une sélection africaine après avoir joué dans les sélections françaises de jeunes. De l'autre, parce qu'ils sont costauds, baraqués, physiquement précoces, ils barrent des joueurs blancs qui seraient moins forts physiquement mais plus techniques.

Sur ce deuxième point, rien n'interdit de privilégier la technique et l'intelligence de jeu mais pourquoi devrait-on l'aborder à travers une perspective ethnique ? Demandez au Brésil s'il n'existe pas des joueurs noirs, petits, intelligents et techniques.

Quant au premier sujet, l'éventualité que des joueurs choisissent une sélection étrangère après avoir porté le maillot de l'équipe de France dans les sélections de jeunes, moins de 17, 19 ans ou Espoirs, veuillez bien commencer, s'il vous plaît, par me citer un seul joueur ayant choisi de jouer pour une autre sélection et avoir fait défaut à l'équipe de France ?

Laissez-moi rire si vous me donnez en exemple Jacques Faty : un ancien capitaine des Espoirs qui, à l'approche de la trentaine, déclare solennellement que le choix de son cœur est de jouer pour le Sénégal. On comprendra aisément sa déclaration : il n'allait pas dire qu'il rejoignait la sélection sénégalaise parce qu'il n'avait aucune chance d'être appelé par les Bleus. Car ce fameux "choix du cœur", tant redouté par notre comité de la DTN, est pour le footballeur, neuf fois sur dix, une figure imposée de la langue de bois.

Didier Drogba est hors-concours, son parcours est atypique et son éclosion trop tardive et soudaine pour avoir pu postuler à une sélection dans les équipes de jeunes. D'autres noms ? 

Bon prince, je vous en donne quand même deux. Marouane Chamakh ? Ce type est né dans le Lot-et-Garonne, la terre de mes ancêtres paternels, s'engage sur une liste du MODEM aux dernières élections municipales, c'est dire s'il est impliqué dans la vie de politique et sociale de sa ville, mais joue avec la sélection marocaine. En 2003, quand il est convoqué pour jouer l'Euro avec les Bleus de moins de 19 ans, il préfère, après mûre réflexion, rejoindre le Maroc qui le sélectionnait d'emblée avec les A. N'est-ce pas le choix libre et déterminé d'un jeune homme à la conscience civique au-dessus de la moyenne de ses collègues ?

Moussa Sow ? Un pur p'tit gars de banlieue qui est aujourd'hui le meilleur buteur de la Ligue 1. Il joue pour le Sénégal. Il avait pourtant été repéré par nos instances : en 2005, il est champion d'Europe des moins de 19 ans avec des types comme Gourcuff, Diaby ou Lloris. Depuis sa valeur avait tellement crevé les yeux que Rennes le laissa partir pour Lille sans la moindre indemnité. Je ne suis pas sûr qu'un quelconque représentant de nos instances ait même songé à le retenir !

Quand Karim Aït-Fana et Younès Belhanda, nos jeunes montpelliérains, choisissent de jouer pour le Maroc, cela ne leur empêchera pas de jouer encore pour leur club (que l'on espère de cœur). Et, malgré leur talent, font-ils vraiment défaut à l'équipe de France ?

Pour un footballeur, le choix du cœur n'est rien d'autre que celui des perspectives sportives (ou économiques). Car les meilleurs choisissent toujours de jouer en Bleu. Quoi de plus légitime que de permettre aux recalés de l'équipe de France de connaître une carrière internationale en jouant pour le pays dont sont originaires leurs parents ?

Le seul participant qui sorte épargné de cette affaire, c'est Francis Smerecki, sélectionneur des moins de 19 ans, qui, lors de cette fameuse réunion de la DTN du 8 novembre, opposa très vivement à Laurent Blanc, Eric Mombaerts et François Blaquart que l'introduction de quotas de "bi-nationaux" lors des détections de jeunes joueurs destinés à intégrer l'INF de Clairefontaine serait "discriminatoire".

Le vrai problème du football français n'est-il pas plutôt que les meilleurs joueurs de notre championnat s'exilent dans des clubs plus huppés, anglais ou espagnols, et affaiblissent nos clubs, incapables de remporter le moindre trophée européen ? Mais là encore, les vérités changent selon la saison. En 1998, on disait que c'est justement grâce à leur expérience dans les plus grands clubs d'Europe (Real Madrid, Juventus de Turin, Arsenal…) que les joueurs de l'équipe de France parvinrent à devenir champions du Monde.

De plus, dans une société sereine, on pourrait aussi se réjouir que nous parvenions à exporter des joueurs formés en France dans des sélections étrangères. A-t-on été jamais plus proche d'une équipe africaine que du Sénégal qui nous avait pourtant éliminé au premier tour du Mondial 2002 ? On s'enorgueillissait soudainement de ces joueurs évoluant dans nos championnats, notamment en deuxième division, et nos Sénégalais furent surnommés sur le champ "Sénégaulois" ! Ou lors du dernier mondial, après le fiasco de Knysna, n'éprouvait-on pas une petite fierté, certes déplacée, à voir flamber le jeune André Ayew avec le Ghana, lui ce pur produit du centre de formation de l'OM ?

Si vous n'êtes pas convaincus, je laisse la parole à Lilian Thuram, "la bi-nationalité, c'est un faux problème puisque les meilleurs joueurs seront toujours retenus par la France. C'est l'équipe de France qui est prioritaire. Benzema, Nasri, M'Vila jouent avec qui ? Avec l'équipe de France ! C'est un faux problème dès le départ. Et quand vous avez une mauvaise réflexion au départ, vous finissez par donner une mauvaise réponse. Il y a quelque chose de malsain. On parle quand même d'enfants de 12 ou 13 ans qui seraient jugés sur leur double nationalité."

Je m'épargnerai ce soir de regarder 100% Foot puisqu'un de ses chroniqueurs s'est exprimé sur le sujet, Vikash Dhorasoo. "Je suis pour donner aux gens la possibilité de choisir. Que ce soit un choix du cœur, ou un choix par défaut parce qu'ils n'ont pas été sélectionnés en équipe de France. Cela ne choque personne que des médecins ou des avocats formés en France aillent travailler ailleurs. Pourquoi est-ce un problème pour les footballeurs? Et puis on forme assez de joueurs en France pour pouvoir en laisser filer quelques-uns à l'étranger. Je trouve ça même plutôt valorisant. Je ne comprends même pas comment tout ça peut passer par la tête du sélectionneur et de la DTN". Moi non plus, je ne comprends même pas...


Le monde du football français est corporatiste. Tous ses collègues viennent afficher leur solidarité avec Laurent Blanc. Au lieu de réfléchir aux propos cités par Médiapart, on cherche la taupe. Pierre Ménès, si prompt à moquer ce travers chez certains Bleus lors de la dernière coupe du monde, est le premier à monter au créneau "quant à la pourriture qui a organisé la fuite, je vous parie qu'on va vite apprendre de qui il s'agit".

Il est trop commode de dire que Médiapart veut faire du buzz en déballant ces échanges quand on lit d'autres interventions de Laurent Blanc, notamment une interview accordée à L'Equipe, on s'étonne que personne, moi y compris, n'ait encore soulevé le malaise que pouvait provoquer le discours du sélectionneur sur certains points. Quelle idée d'aller distribuer les paroles de "La Marseillaise" aux joueurs ? Il a fallu que Michel Platini vienne rappeler à bon entendeur que lui même ne l'avait jamais chantée.

Après une Coupe du Monde catastrophique, on pensait que l'équipe de France remontait la pente, bien dirigée par Laurent Blanc, son nouveau sélectionneur, portée par son aura de "Président". Je suis persuadé qu'il est l'homme de la situation pour lui redonner une ambition sportive et le goût du jeu mais, patatras, voilà qu'une crise de valeurs plus grave encore que le fiasco sud-africain, survient.

Très chauvin en ce qui concerne les choses de l'équipe de France, même si contraint à pratiquer l'auto-dérision à fortes doses (si comme moi vous soutenez le PSG, cette pratique est devenue une seconde nature, je suis un rôdé expert en la matière), cette affaire me touche. Comment imaginer qu'une personne prête à mettre en place des mesures contraires à la constitution puisse s'en sortir comme si de rien n'était ?

Est-ce là une faute grave imputable à Laurent Blanc, un motif de licenciement ? Un des principes essentiels du sport est l'impartialité. On constatera amèrement qu'il existe bel et bien deux poids, deux mesures : inventer une faute grave dans un cas, Domenech qui n'aurait pas serré la main à Parreira, le sélectionneur sud-africain à l'issu du match, absoudre l'autre, encore auréolé de toutes les vertus car on sait d'avance que Laurent Blanc ne sera pas menacé.

Alors qu'on n'avait jamais décelé le moindre critère ethnique dans le choix des joueurs qu'il a jusqu'à présent sélectionnés : on pouvait comme d'habitude s'enorgueillir de notre belle diversité, on est désormais dans l'embarras.

Bien sûr, licencier Blanc reviendrait, sportivement parlant, à se tirer une balle dans le pied mais s'il subsistait une once de dignité dans le pays, ce serait pourtant la seule issue envisageable.

Hypothèse fictionnelle : si le choix d'une sélection doit être celui du cœur, on peut alors s'inquiéter. Car si les jeunes footballeurs étaient attentifs à l'état de la France, à la façon dont les politiques ont institutionnalisé les propos et les mesures racistes, la France dont le président déclare dans un discours officiel que l'homme africain n'est pas encore entré dans l'Histoire, alors oui, on pourrait craindre une vraie désaffection. Dans ce climat vicié, comment s'étonner que les "bi-nationaux" aillent jouer ailleurs ?

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* Quelques extraits des propos de Laurent Blanc :
"Ce qui se passe dans le football actuellement, ça me dérange beaucoup. A mon avis, il faut essayer de l'éradiquer. Et ça n'a aucune connotation raciste ou quoi que ce soit. Quand les gens portent les maillots de l'équipe nationale des 16 ans, 17 ans, 18 ans, 19 ans, 20 ans, Espoirs, et qu'après ils vont aller jouer dans des équipes nord-africaines ou africaines, ça me dérange énormément. Ça, il faut quand même le limiter. Je dis pas qu'on va l'éradiquer mais le limiter dans ces pôles-là..."

"On veut pas éliminer les étrangers, pas du tout, mais faire en sorte que les pôles Espoirs ou les pôles de la DTN testent sur des critères mieux définis pour pouvoir attirer d'autres personnes, parce que si on a toujours les mêmes critères, y aura toujours les mêmes personnes.

Et plus ça va, plus ça va être encore davantage. Parce que je suis sur les terrains tous les samedis, je vois quelques centres de formation: on a l'impression qu'on forme vraiment le même prototype de joueurs: grands, costauds, puissants. Grands, costauds, puissants. Grands, costauds, puissants. Grands, costauds, puissants. Qu'est-ce qu'il y a actuellement comme grands, costauds, puissants? Les blacks. Et c'est comme ça. C'est un fait actuel. Dieu sait que dans les centres de formation, dans les écoles de football, ben y en a beaucoup.

Je crois qu'il faut recentrer, surtout pour des garçons de 13-14 ans, 12-13 ans, avoir d'autres critères, modifiés avec notre propre culture. Je vais vous citer les Espagnols: ils n'ont pas ces problèmes-là. Ils ont des critères de jeu qui sont très précis, à 12-13 ans. Avec notre culture, notre histoire, etc. Les Espagnols, ils m'ont dit: 'Nous, on n'a pas de problèmes. Nous, des blacks, on n'en a pas' ".






PS : Médiapart n'a pas fait que lancer le pavé dans la mare, puis publier le verbatim de cette réunion de la DTN, il propose une couverture intelligente du sujet, invitant notamment l'historien Pap Ndiaye à s'exprimer : "La Façade lézardée du football français".



mercredi 15 décembre 2010

Le Tout-Puissant Mazembe bat l'Internacional de Porto Alegre 2-0

Pour une fois qu'il y a un club congolais en finale du Championnat du Monde des Clubs, personne n'en parle. C'est pourtant une première historique pour un club africain. Il faut dire que cette compétition qui a remplacé la Coupe Intercontinentale, n'intéresse pas grand monde. Cette année, l'épreuve se déroule à Abu Dhabi.  Cet après-midi, le Tout-Puissant Mazembe, club de Lubumbashi, a battu 2-0 l'Internacional de Porto Alegre, pourtant archi-favori. Tandis qu'un autre Inter, celui de Milan, dispute l'autre demi-finale contre les Coréens de Seongnam Ilhwa Chunma.


Tout Puissant ! Tout de suite, ce nom évoquera aux amateurs l'orchestre de Franco : le Tout Puissant OK Jazz... Et puisque les Brésiliens ont toujours adoré le football-samba, pourquoi ne pourrait-on pas gagner des titres en pratiquant du football-rumba ? On précisera que le style de jeu de l'Internacional n'est pas exactement du football-samba. Les Gauchos ont la réputation (méritée) d'être rugueux.

Le TP Mazembe se confrontait en tout cas à un gros morceau pour sa demi-finale. En 2006, l'Internacional avait déjà remporté le titre après avoir battu le grand Barça en finale... Où un certain Ceará avait dégoûté et muselé Ronaldinho pendant tout le match. Il y avait alors de la revanche dans l'air car si Ronaldinho est lui-aussi originaire de Porto Alegre, il y jouait dans le club rival, le Grêmio. Aujourd'hui, Ceará joue au PSG et Ronaldinho, même s'il demeure un footballeur d'exception, présente surtout le profil du parfait convive pour les soirées "bunga-bunga" de son président de club, hélas. 

Face au TP Mazembe, l'Internacional arrivait avec son statut de grand club, le club de quelques colorados de légende : de l'élégant Falcão à Pato, de Dunga à Nilmar... De l'effectif actuel, j'avoue ne connaître aucun joueur, hormis Ilan ayant joué en France. En face, pareil. Renseignements pris, la star actuelle de l'Inter s'appelle D'Alessandro et est argentin. Côté Mazembe, c'est Alain Kaluyituka Dioko. Il est en course pour le CAF Award 2010 du meilleur joueur évoluant sur le continent africain. Il avait fait à l'inter-saison un essai à Arles-Avignon avant de revenir à Lubumbashi. Avait-il un pressentiment du désastre à venir du côté de l'AC A-A ou ses prestations ont-elles été jugées non-concluantes ?

De fait, je ne suis plus le football d'assez près pour connaître des joueurs congolais. Peut-être aussi que mon ignorance en la matière tient au fait que les meilleurs sont. des internationaux... français (ou belges). Pour rappel, l'ancien Claude Makélélé, le dilettante Peguy Luyindula, ou désormais Steve Mandanda, sont tous les trois des Kinois de naissance. Les équipes de France peuvent aussi compter sur Yann M'Vila, (dont le père est congolais) avant très prochainement Gaël Kakuta...

Le football africain est très peu médiatisé en Europe, difficile à suivre donc. Ce Championnat du Monde des Clubs est l'occasion de réaliser que le TP Mazembe de Lubumbashi est devenu, ces dernières années, un club majeur en Afrique, venant juste de réaliser le doublé en remportant la Ligue des Champions de la CAF en 2009 et 2010. Mais la star des "Corbeaux", c'est leur président : Moïse Katumbi Chapwe, le très médiatique homme d'affaires et gouverneur de la riche province du Katanga, aux nombreux gisements en minerais. Il est à noter que, grâce à lui, le stade municipal où joue le club est désormais équipé d'une pelouse synthétique, financée "à grande échelle" (sic) par Katumbi lui-même, "auteur d’une structure infrastructurelle adéquate"(re-sic).

A l'heure du match, pourtant mon cœur balance. Je suis partagé, ravi de l'événement historique qui verrait une équipe africaine en finale, en même temps, j'ai beaucoup de sympathie pour l'Internacional. Il faut dire que mon ami Juremir s'est fait une véritable mission de convertir toute ma famille. Lors de notre arrivée à Porto Alegre, dès que nous passions le seuil de sa demeure, il nous remettait un maillot officiel du club. Lors de son dernier séjour montpelliérain, c'est mon fils aîné qui s'était vu offrir la tenue complète. Et je sais très bien que quand il fera la connaissance du dernier né, il lui offrira également un maillot. Alors si j'en venais à soutenir le Tout Puissant Mazembe, Juremir pourrait y voir une trahison. Pourtant que serait l'amitié sans ses petites rivalités footballistiques ?

Plus que la déception de la défaite, il me confiait hier soir, surtout regretter les réjouissances qu'elle allait occasionner chez les grands rivaux de toujours : "on doit supporter aujourd'hui la grande fête des supporters de Grêmio. C'est la folie bleue. Il va falloir partir en vacances vite".

En attendant, un petit résumé pour remuer le couteau dans la plaie, avec deux beaux buts de Kabangu et Kaluyituka. Et une curieuse danse de joie du goal Kidiaba...

vendredi 25 juin 2010

Thierry Henry reçu à l'Elysée

Pantalonnade n°10


Dessin de Trapier, paru dans Télérama...

Hasard du calendrier, c'est le jour où deux millions de personnes étaient dans la rue pour manifester contre la réforme des retraites que notre Président recevait Thierry Henry à l'Elysée.

jeudi 17 juin 2010

Avant France-Mexique : Aphorisme

Confier les clés de l'équipe de France à Ribéry, c'est le meilleur moyen de rester à la porte.

Avant France-Mexique : le vuvuzela c'est du pipeau...

Pantalonnade n°9

Avec Rama Yade, même le vuvuzela c'est du pipeau !


On se souvient qu'elle trouvait l'hébergement des Bleus trop cher et luxueux. D'où sa déclaration tonitruante : "je les ai appelés à la décence en temps de crise".

Pas de bol pour la ministre, Le Canard Enchaîné (n°4677) vient de révéler que, pour son séjour sud-africain, Rama Yade avait prévu de passer deux nuits dans un palace. Où le prix de la nuit pour sa suite était plus élevé que celui des chambres des joueurs. Et, à la différence de ces derniers, aux frais du contribuable !


jeudi 10 juin 2010

Carlinhos Brown, la Seleção et l'usurpateur

J - 1 !!!
Demain s'ouvre la Coupe du Monde. Les rasades de notre élixir risquent de se faire moins nombreuses durant la compétition. En attendant, s'il y en a un qui a déjà bien commencé son Mondial, c'est Carlinhos Brown.


Il fut choisi par Nike pour être, avec Robinho, le modèle officiel du nouveau maillot de la Seleção, le bleu. C'est ainsi qu'il défila même pendant le dernier Carnaval de Bahia avec sa troupe entière vêtue de la flambante tenue, un défilé d'autant plus fédérateur qu'il rassemblait Timbalada et Olodum : Timbaolodumlada.


Brown va par ailleurs participer officiellement à cette Coupe du Monde. Sur son site, il l'annonce fièrement. Sa version d' "Emôrio", enregistrée avec Sergio Mendès pour le récent Bom Tempo de celui-ci, serait en effet sélectionnée pour faire partie d'une compilation certifiée FIFA qui accompagne l'événement, business du foot quand tu nous tiens !

Certes, c'est grâce à Sergio Mendes que Brown obtenu son premier Grammy, pour sa participation à l'album Brasileiro, en 1992. Sergio Mendes pouvait alors adopter la pose du généreux découvreur de talent, Brown étant alors un inconnu en dehors du Brésil, voire même de Bahia. Pourtant, à y regarder de plus près, on décelait bien là l'attitude habituelle du Sieur Mendes. Car les morceaux de et avec Brown portaient son empreinte si caractéristique, au point qu'on se demandait alors quel avait bien pu être l'apport de Mendes dans cette histoire, si ce n'est qu'il signait l'album de son nom. Le reste de l'album, d'une nullité abyssale, complètement impersonnel, révélait bien sa vacuité.

Le seul mérite de Sergio Mendes est d'avoir fait connaître le répertoire brésilien aux Etats-Unis, notamment celui de Jorge Ben, en en proposant ses propres versions souvent médiocres. En 2006, Will.I.Am, qui lui, au moins, cite ses sources, avait convié toute une clique de rappeurs vedettes, un sacré casting, pour lui rendre hommage sur l'album Timeless. Et c'est bien sûr l'inusable "Mas que nada" de Jorge Ben qui servit de locomotive au projet.

Quand Maradona marqua un but de la main contre l'Angleterre, lors de la Coupe du Monde 1986, bien sûr qu'il n'allait pas avouer son geste à l'arbitre, trop heureux de l'aubaine. Interrogé par la suite, sans craindre le sacrilège, il dira avec audace et malice qu'il s'agissait de "la main de Dieu". Quelques mois après la sortie de Timeless, invité au 13H de France 2, où une Elise Lucet chaleureusement mémère l'invita à jouer un titre seul au piano, Sergio Mendes s'appropria une fois de plus le "Mas que nada" de Jorge Ben. Bien sûr, sans citer ses sources. Mais notre homme en piano solo ne pouvait tricher plus longtemps. Pendant qu'il exécutait une version pathétiquement plate de la chose, notre usurpateur ne pouvait ignorer en son for intérieur que sa main gauche ne possédait en rien l'incroyable explosivité rythmique de la main droite de Jorge Ben : démasqué.

Excusez le manque de nuance, mais j'ai juste envie de dire ceci : Sergio Mendes est le plus grand usurpateur de la musique brésilienne. Et ce n'est pas cette version d' "Emôrio" qui nous fera changer d'avis, malgré la présence de Brown sur ce titre. Où est passée toute la finesse de ce magnifique morceau de João Donato ? Où ont disparu la douceur et la légèreté si particulières de leur auteur dans cette interprétation au rouleau-compresseur ? Cela figure peut-être sur une compil' estampillée FIFA, cela condamne-t-il à ne proposer que pareille caricature ? Doit-on enfin y voir la patte de Sergio Mendes ? Sinon, il faut s'inquiéter pour le prochain album de Carlinhos Brown...

dimanche 23 mai 2010

Lass' forfait : le XXème absent du Mondial

Lassana Diarra vient de déclarer forfait pour la Coupe du Monde. Il souffrirait d'un "syndrome asthénique consécutif à une anémie falciforme". Plutôt que de participer au chœur des commentaires soupçonneux, nous n'avons qu'une réaction chauvine à partager ici. Car du groupe sélectionné par Raymond Domenech, il était le seul à être originaire du XXème arrondissement de Paris, un vrai p'tit gars de Ménilmuche. Pensez, son premier club était le Centre Sportif Julien Lacroix. Pour ceux qui ne sont pas du quartier, la rue Julien Lacroix relie la rue de Belleville à la rue de Ménilmontant.

Par la suite, Lass' a également porté les couleurs du Paris F.C., club historique ayant ses bases dans le quartier, du côté de la Porte de Montreuil.

Sauf oubli de ma part, un gars de l'Est parisien en équipe de France, on n'avait pas vu ça depuis un certain... Michael Madar ! Madar, celui qui lors d'un match amical préparatoire à l'Euro 1996, semblait plus préoccupé par la recherche de sa chaîne en or tombée sur la pelouse, que par la conquête du ballon. Notre XXème a les héros qu'il peut...

A défaut de "Tête d'Ampoule", notre chauvinisme s'étendra jusqu'au 9-3 et soutiendra son homonyme Alou, natif de Villepinte, grandi à Aulnay... Maintenant, on peut aussi rêver à de l'audace : que, pour la place libérée dans les 23, Domenech rappelle Ben Arfa qui est, lui, né à Clamart.

Ci-dessous, une vue de l'angle de la rue Julien Lacroix et de la rue de Belleville. La rue Julien Lacroix, c'est celle qui est en sens interdit.

jeudi 19 novembre 2009

La Main de Dieu était noire

Ce matin, je reçois un message de mon ami Jean-Serge : "je savais bien que la main de Dieu était noire" !!!

lundi 12 octobre 2009

Maradona, Cinglé In The Rain

Il est un lieu où, plus que nulle part ailleurs dans le Monde, la passion l'emporte sur la raison : un terrain de football en Argentine. Il est un Génie chez qui la passion l'emporte également sur la raison : Maradona. Pour le reste, comment dire, ça me laisse sans voix...


Pour le détail des faits, allez voir sur L'Equipe, France Football, So Foot ou autre. C'est juste que l'Argentine, sous un déluge, remporte dans les arrêts de jeu, grâce à un but du revenant Palermo, un match déterminant pour la qualification à la prochaine Coupe du Monde... Habituellement, elle se qualifie sans trop forcer, cette fois-ci, elle est en difficulté, à la limite de l'élimination. Avoir été un génie de joueur, ne fait pas de vous le meilleur sélectionneur. On lui reproche de ne pas avoir de "projet de jeu", c'est-à-dire de ne pas assez rationaliser, planifier, anticiper. Le déroulement de ce match le prouve, tout ici n'est plus que tripes, pétoches, couilles, nerfs à fleur de peau, état-limite, franchement border-line... La joie et la folie de Maradona éclatent lors de ce but libérateur. Comme il a désormais coutume de dire, le "Barbu" leur a fait un signe (pas de la main, cette fois-ci). Alors plutôt que de se mettre à genoux, il s'abandonne ! Car un Génie ne chute pas, il glisse. Un Génie ne tombe pas, il plonge. Depuis la victoire, hier soir à Montevideo, contre l'Uruguay, l'Argentine est qualifiée directement pour la phase finale en Afrique du Sud. Merci qui ?

mercredi 7 octobre 2009

Cristiano Ronaldo victime d'un sorcier (L'Equipe)

Elixir ou Pantalonnade ?

"Selon les quotidiens 24 Horas et Correio da Manha, un sorcier espagnol, du nom de Pepe, a été engagé pour 15 000 euros il y a deux semaines par une «femme étrangère, riche et trahie», afin de «mettre fin à la carrière de Ronaldo».
Le jeteur de sort revendique même la blessure du Madrilène, connu pour ses nombreuses conquêtes féminines et victime d'une entorse à la cheville droite face à l'OM en Ligue des champions (3-0) : «Elle m'a engagé pour mettre fin à la carrière de Cristiano Ronaldo, je le fais. C'est un travail, je n'ai rien contre lui personnellement, mais j'irai jusqu'au bout.»

Et rapidement, la riposte «version gri-gri» s'est opérée. Toujours selon 24 Horas, après les révélations du sorcier espagnol, un autre «féticheur», Fernando Nogueira, connu au Portugal sous le nom de «sorcier de Fafe», a été contacté ce mardi par «un proche de Cristiano Ronaldo» pour «contrer la magie noire de ce prétendu sorcier espagnol». L'Equipe, 7 octobre 2009

Au vu des images, ce fameux "sorcier espagnol" a des airs de Souleymane Camara. A moins que celui-ci n'ait été envoûté pour accomplir ces basses œuvres. Quant à Pepe, simple homonyme du sorcier, défenseur brésilien naturalisé portugais, c'est celui qui fait la passe à CR9 sur le premier but, celui où Diawara se troue également. Le même Pepe qui, l'an dernier, s'est pris 10 matches de suspension pour s'en être violemment pris à coups de tatane à un adversaire.
Quoi qu'il en soit, côté Ronaldo, on a pris les choses suffisamment au sérieux, au point de chercher un remède (elixir ?) du même acabit.