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mardi 29 novembre 2011

Le Centenaire de Nelson Cavaquinho


Bon, ça arrive à tout le monde de se tromper ! Après avoir, l'an dernier, évoqué le film de Leon Hirszman consacré à Nelson Cavaquinho, j'avais coché sur mon agenda la date du 29 novembre et m'étais promis ce jour-là de rendre hommage au sambiste et fêter son centenaire. Patatras, je me suis trompé et j'ai un mois de retard ! Son centenaire, c'était le mois dernier, sa date de naissance étant le 29 octobre 1911. Qu'à cela ne tienne, ce n'est pas lui qui va m'en vouloir puisque ce centenaire est célébré à titre posthume, Nelson Cavaquinho nous ayant quitté en 1986.

L'événement est bien sûr anecdotique, un centenaire, surtout si  l'intéressé n'est plus là, n'est qu'une date, un bâton coché dans le calendrier. Mais ce qui, dans le cas de Nelson Cavaquinho, est moins anecdotique, c'est que vingt-cinq ans après sa mort, il demeure une référence pour quiconque se réclame du samba au Brésil et figure en son panthéon aux côtés de Cartola et Clementina de Jesus. Son art était celui d'une caresse à rebrousse-poil : Nelson Cavaquinho n'a jamais cherché à plaire, il est bien plus essentiel que ça.

Je laisse le texte inchangé. Ce film de Leon Hirszman n'est pas seulement un témoignage précieux sur un sambiste de légende, c'est aussi un grand moment de cinéma...

Nelson Cavaquinho, de Leon Hirszman : l'ivresse et la tristesse du samba

En évoquant précédemment le documentaire Partido Alto de Leon Hirszman, j'écrivais qu'il était le pendant d'un autre de ses films dédiés au samba. Il s'agit de son très court portrait d'un sambiste de légende, Nelson Cavaquinho. Là où Partido Alto exalte le plaisir d'être ensemble pour jouer, chanter, boire des coups, Nelson Cavaquinho insiste sur la solitude et la profonde mélancolie qui sont tout aussi consubstantielles au samba que la joie et l'allégresse.


Le contraste entre les deux films est accentué par le noir et blanc de l'un et les chaudes couleurs dorées de l'autre.

"Une samba sans tristesse, c'est comme un vin qui ne donne pas l'ivresse", chantait Pierre Barouh sur l'air de "Samba da Benção". La tristesse et l'ivresse ! Nelson Cavaquinho connaît les deux... Le genre de type dont on dira : "il ne triche pas". En bon sambiste, Nelson Antônio da Silva a mené une vraie vie de bohème. C'est dans les bars du morrro de Mangueira, alors qu'il était policier et effectuait à cheval des rondes nocturnes dans le quartier, qu'il fit la connaissance de Cartola et Carlos Cachaça et se lia à eux et aux autres sambistes du cru. L'appel de la bohème étant plus fort que celui du devoir, son séjour dans la police sera marqué par quelques séjours au mitard, avant d'en être carrément renvoyé.

Comme la dèche était sa plus fidèle compagne, Nelson Cavaquinho prit l'habitude de vendre ses compositions. Afin d'éponger ses dettes. Ainsi, parmi ses "partenaires" d'écriture, on retrouve les patrons des bars où il avait des ardoises, ou César Brasil, le plus souvent crédité, qui n'avait jamais su jouer une note ni écrire une ligne mais qui était le propriétaire de l'hôtel où créchait le plus souvent Nelson Cavaquinho. Le besoin lui retirait ses scrupules. Milton Amaral, un de ses camarades de bamboche, racontait qu'il découvrit avec stupeur, quand il débarqua chez l'éditeur signer son contrat pour un morceau qu'ils avaient composés ensemble quelques jours plus tôt, que Nelson l'avait déjà vendu sous quatorze noms différents !

Si son œuvre est riche d'environ 600 compositions, sa discographie est des plus sommaires. Ce qui est malheureusement la norme pour la plupart des sambistes de sa génération. En 1968, il participa à l'album Fala Mangueira, en compagnie de Cartola, Carlos Cachaça, Clementina de Jesus et Odette Amaral, mais ce n'est qu'en 1970, à l'abord de la soixantaine, qu'il enregistra son premier disque, Depoimento do Poeta. Suivront deux albums éponymes, en 1972 et 1973... Sans oublier Quatro Grandes do Samba, en 1977, enregistré avec Candeia, Guilherme de Brito et Elton Medeiros et As Flores em Vida, son dernier disque auquel ont participé Chico Buarque, Paulinho da Viola, entre autres...

Quand Leon Hirszman vient le chercher pour tourner ce petit portrait filmé, en 1969 Nelson Cavaquinho n'avait encore rien enregistré sous son nom. On y découvre un homme vivant dans un incroyable dénuement, dans une très humble petite bicoque.

En voyant ce court métrage, on mesure également l'influence du Néo-Réalisme italien sur le Cinema Novo brésilien, courant auquel Leon Hirszman fut associé. Un cinéma en rupture avec les habituelles productions brésiliennes qui étaient le plus souvent des mélos ou des comédies musicales, les chanchadas. Car, comme le Néo-Réalisme, le Cinema Novo témoigne de la volonté d'une génération de jeunes cinéastes de montrer la réalité sociale de leur pays et ses incroyables injustices et inégalités. Dans le cas précis du film Nelson Cavaquinho, cette impression d'une influence néo-réaliste est bien sûr renforcée par le noir et blanc.

Il ne s'agit pas d'un film à thèse, d'une quelconque approche démonstrative, juste saisir au vol quelques instants de la vie de cette homme, ses errances, ses moments de solitude. Ce film permettra aussi à tous ceux qui connaissent mal la musique brésilienne de se défaire de leurs préjugés sur le samba. Non, ce n'est pas juste une musique pour danser pendant le carnaval. C'est beaucoup plus que cela. C'est l'âme d'un peuple, sa poésie. Nelson Cavaquinho disait : "je n'ai jamais fait de samba sur commande, c'est pour ça que je ne composerais jamais de samba-enredo. Je trouve horrible que tu doives glisser quelques lá-lá-lá et oba-oba obligatoires dans la ligne mélodique des écoles de samba. Je fais des musiques pour sortir des choses du fond du cœur. Et c'est ainsi depuis que j'ai composé mon premier samba".

Leon Hirszman filme ainsi quelques magnifiques moments de cinéma. Bien aidé par Nelson Cavaquinho lui-même qui semble se complaire dans l'exercice. On se demande même quelle part tient le naturel et si quelques effets de pose ne viennent s'y greffer. Ainsi cette scène absolument ahurissante où, assis à sa table, il empoigne sa bouteille de bière et commence à boire au goulot, juste secoué de petits hoquets. Et de constater, dans un mouvement de caméra, que des gamins sont sur le seuil de la porte, probablement attirés par la présence d'une caméra. Et de voir un père tendre la bouteille à son bébé qu'il tient au bras, puis à un autre enfant, hébété, d'à peine deux ou trois ans. Et Nelson, l'air vague de celui qui est déjà bien ivre, de s'amuser avec un petit oiseau qu'il pose devant lui sur la table. En fond sonore, on entend une musique complètement déchirée, un samba où Nelson Cavaquinho joue de la guitare ans son style caractéristique, avec seulement deux doigts à la main droite, mais guitare qui ici sonne complètement destroy, rock'n'roll, pour accompagner la voix rauquissime de celui qui est complètement bourré. Impressionnant.


Le film se clôt sur une autre scène bouleversante. Nelson est assis dans un bar, avec sa guitare et bien entouré. Il joue "Vou partir". Il n'est accompagné que par une légère batida marquée sur une bouteille vide. La chanson parle de l'appel de la nuit, de quelqu'un qui déserte le foyer pour aller faire le carnaval. "Vou partir não sei se voltarei"... Je vais partir mais je ne sais pas si je vais revenir. Mais Dieu sait qu'ici le sens dépasse largement celui de la simple absence en quête de fête carnavalesque. Puis d'autres voix se joignent à la sienne pour murmurer le refrain en même temps que la caméra s'éloigne. S'éloigne et sort de ce petit bar, lumière dans la nuit.


Les films de Leon Hirszman ont récemment bénéficié d'une restauration digitale et ont été, pour la plupart, édités en DVD. J'ignore cependant s'il en existe une édition européenne.

O. C.
(11 septembre 2010)

samedi 11 septembre 2010

Nelson Cavaquinho, de Leon Hirszman : l'ivresse et la tristesse du samba


En évoquant précédemment le documentaire Partido Alto de Leon Hirszman, j'écrivais qu'il était le pendant d'un autre de ses films dédiés au samba. Il s'agit de son très court portrait d'un sambiste de légende, Nelson Cavaquinho. Là où Partido Alto exalte le plaisir d'être ensemble pour jouer, chanter, boire des coups, Nelson Cavaquinho insiste sur la solitude et la profonde mélancolie qui sont tout aussi consubstantielles au samba que la joie et l'allégresse.


Le contraste entre les deux films est accentué par le noir et blanc de l'un et les chaudes couleurs dorées de l'autre.

"Une samba sans tristesse, c'est comme un vin qui ne donne pas l'ivresse", chantait Pierre Barouh sur l'air de "Samba da Benção". La tristesse et l'ivresse ! Nelson Cavaquinho connaît les deux... Le genre de type dont on dira : "il ne triche pas". En bon sambiste, Nelson Antônio da Silva a mené une vraie vie de bohème. C'est dans les bars du morrro de Mangueira, alors qu'il était policier et effectuait à cheval des rondes nocturnes dans le quartier, qu'il fit la connaissance de Cartola et Carlos Cachaça et se lia à eux et aux autres sambistes du cru. L'appel de la bohème étant plus fort que celui du devoir, son séjour dans la police sera marqué par quelques séjours au mitard, avant d'en être carrément renvoyé.

Comme la dèche était sa plus fidèle compagne, Nelson Cavaquinho prit l'habitude de vendre ses compositions. Afin d'éponger ses dettes. Ainsi, parmi ses "partenaires" d'écriture, on retrouve les patrons des bars où il avait des ardoises, ou César Brasil, le plus souvent crédité, qui n'avait jamais su jouer une note ni écrire une ligne mais qui était le propriétaire de l'hôtel où créchait le plus souvent Nelson Cavaquinho. Le besoin lui retirait ses scrupules. Milton Amaral, un de ses camarades de bamboche, racontait qu'il découvrit avec stupeur, quand il débarqua chez l'éditeur signer son contrat pour un morceau qu'ils avaient composés ensemble quelques jours plus tôt, que Nelson l'avait déjà vendu sous quatorze noms différents !

Si son œuvre est riche d'environ 600 compositions, sa discographie est des plus sommaires. Ce qui est malheureusement la norme pour la plupart des sambistes de sa génération. En 1968, il participa à l'album Fala Mangueira, en compagnie de Cartola, Carlos Cachaça, Clementina de Jesus et Odette Amaral, mais ce n'est qu'en 1970, à l'abord de la soixantaine, qu'il enregistra son premier disque, Depoimento do Poeta. Suivront deux albums éponymes, en 1972 et 1973... Sans oublier Quatro Grandes do Samba, en 1977, enregistré avec Candeia, Guilherme de Brito et Elton Medeiros et As Flores em Vida, son dernier disque auquel ont participé Chico Buarque, Paulinho da Viola, entre autres...

Quand Leon Hirszman vient le chercher pour tourner ce petit portrait filmé, en 1969 Nelson Cavaquinho n'avait encore rien enregistré sous son nom. On y découvre un homme vivant dans un incroyable dénuement, dans une très humble petite bicoque.

En voyant ce court métrage, on mesure également l'influence du Néo-Réalisme italien sur le Cinema Novo brésilien, courant auquel Leon Hirszman fut associé. Un cinéma en rupture avec les habituelles productions brésiliennes qui étaient le plus souvent des mélos ou des comédies musicales, les chanchadas. Car, comme le Néo-Réalisme, le Cinema Novo témoigne de la volonté d'une génération de jeunes cinéastes de montrer la réalité sociale de leur pays et ses incroyables injustices et inégalités. Dans le cas précis du film Nelson Cavaquinho, cette impression d'une influence néo-réaliste est bien sûr renforcée par le noir et blanc.

Il ne s'agit pas d'un film à thèse, d'une quelconque approche démonstrative, juste saisir au vol quelques instants de la vie de cette homme, ses errances, ses moments de solitude. Ce film permettra aussi à tous ceux qui connaissent mal la musique brésilienne de se défaire de leurs préjugés sur le samba. Non, ce n'est pas juste une musique pour danser pendant le carnaval. C'est beaucoup plus que cela. C'est l'âme d'un peuple, sa poésie. Nelson Cavaquinho disait : "je n'ai jamais fait de samba sur commande, c'est pour ça que je ne composerais jamais de samba-enredo. Je trouve horrible que tu doives glisser quelques lá-lá-lá et oba-oba obligatoires dans la ligne mélodique des écoles de samba. Je fais des musiques pour sortir des choses du fond du cœur. Et c'est ainsi depuis que j'ai composé mon premier samba".

Leon Hirszman filme ainsi quelques magnifiques moments de cinéma. Bien aidé par Nelson Cavaquinho lui-même qui semble se complaire dans l'exercice. On se demande même quelle part tient le naturel et si quelques effets de pose ne viennent s'y greffer. Ainsi cette scène absolument ahurissante où, assis à sa table, il empoigne sa bouteille de bière et commence à boire au goulot, juste secoué de petits hoquets. Et de constater, dans un mouvement de caméra, que des gamins sont sur le seuil de la porte, probablement attirés par la présence d'une caméra. Et de voir un père tendre la bouteille à son bébé qu'il tient au bras, puis à un autre enfant, hébété, d'à peine deux ou trois ans. Et Nelson, l'air vague de celui qui est déjà bien ivre, de s'amuser avec un petit oiseau qu'il pose devant lui sur la table. En fond sonore, on entend une musique complètement déchirée, un samba où Nelson Cavaquinho joue de la guitare ans son style caractéristique, avec seulement deux doigts à la main droite, mais guitare qui ici sonne complètement destroy, rock'n'roll, pour accompagner la voix rauquissime de celui qui est complètement bourré. Impressionnant.


Le film se clôt sur une autre scène bouleversante. Nelson est assis dans un bar, avec sa guitare et bien entouré. Il joue "Vou partir". Il n'est accompagné que par une légère batida marquée sur une bouteille vide. La chanson parle de l'appel de la nuit, de quelqu'un qui déserte le foyer pour aller faire le carnaval. "Vou partir não sei se voltarei"... Je vais partir mais je ne sais pas si je vais revenir. Mais Dieu sait qu'ici le sens dépasse largement celui de la simple absence en quête de fête carnavalesque. Puis d'autres voix se joignent à la sienne pour murmurer le refrain en même temps que la caméra s'éloigne. S'éloigne et sort de ce petit bar, lumière dans la nuit.





Les films de Leon Hirszman ont récemment bénéficié d'une restauration digitale et ont été, pour la plupart, édités en DVD. J'ignore cependant s'il en existe une édition européenne.

vendredi 10 septembre 2010

Partido Alto, de Leon Hirszman : tous ensemble pour le samba

"O sambista não precisa ser membro da academia
Ao ser natural em sua poesia o povo lhe faz imortal"
Candeia, "Testamento de Partideiro"

Nous évoquions avant-hier la sortie de Benda Bilili, le film de Renaud Barret et Florent de la Tullaye, documentaire que je suis impatient de découvrir. En attendant, voici un autre film musical dont le protagoniste principal est en fauteuil roulant, j'ai nommé : le grand, l'immense Candeia.


Il s'agit de Partido Alto, un documentaire absolument extraordinaire tourné en 1976 et sorti en 1982 où, là encore, il est question pour le cinéaste de saisir des moments intenses, spontanés. D'être là où ça se passe et s'effacer pour mieux rendre compte de l'ambiance. S'effacer oui, à part le micro qui se trouve assez fréquemment dans le champ !

Partido Alto
est un film de Leon Hirszman. Celui-ci fut une figure importante du cinéma brésilien, un des pionniers du Cinema Novo, lauréat d'un Grand Prix du Jury à la Mostra de Venise, en 1981, pour son film Eles Não Usam Black-Tie. Cinéaste engagé, Hirszman réalisa plusieurs documentaires ancrés dans la réalité sociale du pays (métallurgistes en grève avec ABC da Greve, ouvriers agricoles nordestins, avec Maiora absoluta, etc...). Il consacra également plusieurs films à la musique populaire.

Dont Partido Alto, qui fut réalisé avec la collaboration de Paulinho da Viola. Ce film est un formidable témoignage de cette pratique collective du samba. Le partido alto est, en effet, un genre de samba qui repose sur l'improvisation. Les sambas de partido alto alternent ainsi refrains repris en choeur et paroles improvisées à tour de rôle par les participants. Dans le film, Candeia rappelle qu'on peut lui trouver quelque ressemblance de principe avec l'art des repentistas nordestins et leurs fameuses joutes verbales. Pour autant, le partido alto est une forme de samba. Une expression authentique du samba.

C'est également un moment festif où prime le plaisir de se retrouver et jouer, chanter, danser ensemble (et boire des bières ou du limão)... Aniceto do Império (un des fondateurs de l'Ecole de Samba Império Serrano) avait coutume de dire du partido : on sait quand ça commence, on ne sait pas quand ça finit ! ("partido tem hora para começar, mas não para acabar"). C'est exactement ce que l'on constate dans le film d'Hirszman. Il faut préciser que Partido Alto est, en quelque sorte, le pendant solaire d'un autre film documentaire de Leon Hirszman : Nelson Cavaquinho, portrait d'un autre sambiste de légende, sur lequel nous reviendrons dans le prochain message.

Partido Alto se divise en deux parties. Dans la première, on retrouve le légendaire Candeia qui mène le bal. Autour de lui, quelques percussionnistes dont Wilson Moreira, et un joueur de cavaquinho. Et même quelques choristes qui dansent, vêtues de robes aux motifs 70's et, curieusement, aux couleurs de la Mannschaft...

Dans la lumière dorée d'une fin d'après-midi, dans une arrière-cour, propice aux rassemblements, Candeia est entouré, parmi les percussionnistes, de plusieurs membres de l'école de samba Quilombo qu'il avait fondé un an auparavant.

En regardant ce film, on est frappé par l'autorité qui se dégage de cet homme. Du geste et de la voix, il en impose. Autour de lui, les musiciens font tourner le rythme sans faillir, cavaquinho en tête. Pendant que les musiciens jouent en sourdine, entre deux morceaux, Candeia explique ce qu'est le partido alto, et c'est bien là le seul détail qui peut rappeler qu'il s'agit d'un tournage.

On le voit également demander à ses musiciens quelques pas de danse. C'est Wilson Alicate qui se colle au miudinho, puis Tantinho, celui qui gratte son prato, son assiette, qui nous donne une petite démonstration d'amoladinho. Bon, avec ses pattes d'eph', on ne voit plus ses pieds mais on a quand même une idée générale de la chose, tout en petits pas glissés.

Mais c'est peut-être quand il interprète son "testament", le morceau "Testamento de Partideiro", que la plus belle définition du samba et de son amour du peuple brésilien transpire de Candeia : "le sambiste n'a pas besoin d'être membre de l'Académie, en étant naturel dans sa poésie, le peuple le rend immortel". Histoire de rappeler que c'est aussi l'âme des poètes qui s'incarne à travers le samba...

La deuxième partie du film se déroule là-encore dans une arrière-cour, celle de Manacéa, un sambiste de la Portela. Parmi les partideiros, on retrouve le jeune Paulinho da Viola, Argemiro, Casquinha et quelques autres... C'est le soir, et tous les invités semblent finir dans un bel état d'ébriété joyeuse.


Sur la fin, on entend ces quelques mots pleins d'émotion de Paulinho de Viola : "quand j'étais enfant, je voyais le partido alto comme une forme de communion entre les gens du samba. C'était pour rire, blaguer, flâner, c'était brincadeira et vadiagem. Tout le monde participait comme il pouvait, comme il voulait. L'art le plus pur réside dans l'expression de chacun, à sa façon, et seul le partido alto offrait cela. (...) La ronde du partido est un moment de liberté".


1ère partie :


2ème partie :


3ème partie :


Ce beau film illustre à merveille les propos de Paulinho da Viola.