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lundi 29 août 2011

Aloe Blacc, une vidéo dans Paris


C'est avec une pensée pour les amis parisiens que je poste cette nouvelle vidéo d'Aloe Blacc. C'est peut-être la rentrée mais il faut garder à l'esprit que Paris est cette ville unique où l'on vient du monde entier s'émerveiller et passer des vacances dont on a peut-être rêvé toute une vie. Comme Raphael Saadiq, Aloe Blacc a trouvé en France une terre accueillante. Le premier a enregistré au Bataclan son DVD live et tourné à Paris le clip de "Radio", qui annonçait la sortie de Stone Rollin', son dernier album. Aloe Blacc vient lui aussi de sortir une vidéo filmée dans Paris.


Pendant des années, rentrer de vacances signifiait pour moi retrouver Paris. Il fallait s'engouffrer dans le métro, ou attraper le 61, quelques heures seulement après s'être arraché à la douce chaleur du Sud. D'emblée, ce qui frappait et marquait le retour à la maison était l'incroyable réservoir de dingues en tous genres qu'héberge la capitale. C'était parfois glauque, sinon assez réjouissant. Arrivé à la maison, quand je posais mon sac à dos au milieu de la pièce, elle était déjà remplie et il fallait se ré-habituer à son exigüité. Tout de suite, on posait un disque sur la platine et ça adoucissait le down qui venait de nous tomber dessus.

Pour Aloe Blacc, venir à Paris, c'est presque des vacances. A la différence du "Radio" de Raphael Saadiq tourné en studio, c'est dans les rues de Paris que s'est promené Aloe Blacc. Le clip de "Green Lights" le voit ainsi déambuler des Tuileries aux Buttes-Chaumont, en passant par Montmartre. Même le métro y semble trop classe. Alors, les sites choisis donnent un air de carte postale à l'ensemble mais le public internationale devrait y trouver ses repères.

Surtout si les lieux sont touristiques, la réalisation s'est faite de façon légère, en une seule journée. Cette spontanéité n'est pas celle de la Nouvelle Vague mais celle de la Blogothèque. Ses Concerts à Emporter sont désormais légendaires. C'est justement parce qu'il avait donné un "concert" intense et intime dans ce cadre informel en octobre dernier qu'Aloe Blacc a été séduit par cette approche légère pour filmer la musique en mouvement qu'il souhaitait que Colin Solal Cardo réalise son clip.

"En octobre dernier, nous avions filmé Aloe Blacc et son groupe, qui nous avaient donné un Concert à emporter assez bluffant dans un comptoir à brunch puis dans le métro. Quelques mois plus tard, il nous a rappelé. Il avait aimé le Concert à emporter, il voulait que Colin réalise son clip. Une journée dans Paris, à courir entre les Tuileries, Montmarte et les Buttes Chaumont. Un exercice étrange et périlleux, à garder la souplesse, le naturel et la liberté des Concerts à emporter dans le cadre d’un clip. Et au final, voilà. Des sourires".

Nous avons déjà évoqué ici un des réalisateurs associés à la Blogothèque, Vincent Moon, parti autour du monde filmer des musiciens pour sa collection Petites Planètes. D'ailleurs, nous retrouverons prochainement de nouvelles escales brésiliennes de son périple.

Avec Good Things, Aloe Blacc avait signé un des albums forts de l'an dernier, délaissant sa carrière de rappeur pour contribuer à remettre au goût du jour la bonne soul et permis à son label Stones Throw de décrocher son plus gros succès commercial. On appréciera d'autant qu'il continue de privilégier la simplicité et la spontanéité avec ce petit film pris sur le vif.

mardi 22 mars 2011

Et en plus Aloe Blacc danse très bien : "Loving You is Killing Me", la nouvelle vidéo


Hier soir, Aloe Blacc était en concert à la Cigale. Il réalise actuellement une grande tournée européenne de près de quarante dates. Montpellier hélas ne figure pas sur le parcours. Et même si le concert de la Cigale affichait complet, les Parisiens auront droit à une séance de rattrapage dans un mois, le 24 avril, au Trianon. 


A défaut, on se contentera de sa nouvelle vidéo où il envoie le pas de danse. Sa silhouette nous rappellerait presque celle de Sam Cooke, même élégance. Si ce n'est que Sam Cooke ne savait pas danser, ce qui devait bien être la seule chose qu'il ne fasse pas avec classe. Il avait pourtant essayé de s'y mettre, pour parfaire encore ses prestations sur scène, et prit donc des cours de claquettes mais, décidément, ce n'était pas son truc. Ses amis le lui firent diplomatiquement comprendre. Autre point commun, comme Sam Cooke, Aloe Blacc est un garçon cultivé qui lit (Thoreau, Ralph Waldo Emerson, les existentialistes). Et la voix ? Faut pas exagérer non plus.

Dans ce clip de "Loving You is Killing Me", minimaliste au possible, un fond blanc, une chaise basse pour seul accessoire, Aloe Blacc partage la vedette avec un gamin danseur, Miles Brown, aka Baby Boogaloo. Le gamin n'a que six ans mais il a déjà sa chaîne YouTube et a été invité à faire démonstration de ses talents dans plusieurs émissions de télé. Il n'échappe pas à la manie qu'on les enfants vedettes américains de cabotiner. J'ai souvent ici vanté les mérites du label Stones Throw qui a publié Good Things, l'album d'Aloe Blacc, insisté sur leurs exigences artistiques, leur politique de sortir des vinyls en tirage très limité, mais cette fois-ci, on peut légitimement se demander si, avec ce clip, on n'assiste pas à une tentative plus commerciale. Le genre de truc qui va ouvrir des portes à l'artiste, toucher un nouveau public, le grand public, celui qui trouvera adorable et mignon, si adorable et si mignon, de voir un enfant danser. Allez, je ne vais pas faire la fine bouche, d'autant que j'ai un jeune public à la maison friand de ce genre de performance, surtout si Baby Boogaloo se lance dans un tribute à Michael Jackson !

Pour revenir au clip, j'ignorais qu'Aloe Blacc dansait aussi bien. Cela suffit à faire le spectacle et à donner envie de le revoir. C'est comme le "Tightrope" de Janelle Monae. Quand on sait bien danser, pas besoin d'effets spéciaux ! Il danse vraiment très bien et, dans le clip, fait même un saut périlleux arrière. Un saut périlleux arrière ! Ah, ah, je suis pris d'un doute, avec mon fond toujours sceptique, je me demande si finalement ils n'ont pas eu recours aux effets spéciaux sur ce coup-là... Parce que sinon, avec toutes les publications autour de ce nouveau clip, les attachés de presse nous auraient averti qu'Aloe Blacc dans sa nouvelle vidéo faisait un saut périlleux arrière, les journalistes l'auraient interrogé : "mais où donc avez-vous appris à faire des sauts périlleux arrière ?". Non ? Vous croyez pas que ça se saurait ? Ou peut-être que c'est finalement assez commun si vous avez fait de la danse hip hop, mouais...

Cette vidéo nous offre l'occasion de réparer un manque, celui de n'avoir pas trouvé le temps de parler de Good Things, on me le demandait, "alors, quand est-ce que tu parles d'Aloe Blacc ?" Voilà, c'est chose faite, pas plus tard qu'aujourd'hui. Good Things est un album très réussi qui participe de ce retour de la soul tout en traitant de sujets contemporains. Côté mise en forme, on y retrouve les orfèvres Leon Michels et Jeff Silverman, toujours capable de faire sonner un disque à la fois vintage et contemporain. Car s'il chante soul, une musique pour lui intemporelle, une des forces d'Aloe Blacc est d'inscrire ses thèmes dans la réalité sociale de son pays. Ainsi l'album a par exemple été porté par le single "I Need a Dollar", qui entrait en résonance avec la situation de crise. 

Le succès de Good Things pourrait être l'occasion de redécouvrir son premier album, Shine Through. Bien qu'inégal, je crois que c'est encore celui que je préfère, beaucoup plus varié au niveau de ses influences, plus expérimental. D'ailleurs, la comparaison avec Sam Cooke évoquée plus haut y trouvait un nouvel argument puisque Aloe Blacc reprenait "A Change is Gonna Come", retitré "Long Time Coming". La reprise la plus originale du chef d'œuvre de Sam Cooke que je connaisse.

Un dernier mot, "Loving You is Killing Me" est extrait de Good Things mais ne figure pourtant pas sur la version de l'album que j'ai, remplacé par un autre titre, "Hey Brother".