jeudi 22 septembre 2011

Madvillain en "sculpture hip hop"


Pour fêter ses quinze ans, le label Stones Throw a organisé un concours de vidéos. Tout le monde pouvait y participer. Comme l'expliquait Peanut Butter Wolf, son fondateur : "les règles sont simples. Il faut choisir n'importe quel morceau du catalogue Stones Throw. Réaliser sa propre vidéo sans contrainte technique, en utilisant des images existantes ou en en tournant d'autres soi-même, ou en mélangeant les deux. Et la poster sur YouTube, Vimeo ou n'importe quel autre serveur au plus tard le 1er juillet".

La sélection se faisait en fonction des commentaires des internautes et du choix de Peanut Butter Wolf. Plutôt que de vous montrer celle qui a gagné un prix de 1000$ avec l'opportunité de diriger un vrai clip, j'ai préféré choisir mon coup de cœur. Et ce n'est pas par chauvinisme, pas parce que son auteur est français.

JYB (Jean-Yves Blanc) a choisi d'adapter à sa façon "Strangeways", un titre extrait de l'album Madvillainy. Madvillain, c'est la rencontre entre Madlib et MF Doom. Leur unique album, sorti en 2004, est déjà un classique.


Déjà reconnu pour ses Hip Hop Sculptures, Jean-Yves Blanc n'est pas quelqu'un qui fait les choses à la légère ou qui se compromet sur un projet qui ne lui plairait pas. C'est un passionné qui prend son temps : chaque figurine lui demande entre vingt en cinquante heures de travail. On imagine sans mal la fascination qu'on pu exercer sur lui Madlib et MF Doom, le rappeur au masque de fer.


Pour ce concours de Stones Throw, il ne s'est pas contenté de modeler des figurines, il a tout fait lui-même : il a construit tout un décor et a réalisé un vrai clip. Ce qui force l'admiration dans ces films d'animation réalisés en stop-motion, c'est le travail de titan qu'ils exigent. Mais sans même parler de l'animation proprement dit, la reconstitution méticuleuse d'un décor réveille le souvenir de nos passions enfantines, de nos rêves frustrés d'avoir un train électrique avec des maquettes réalistes, des ponts, des routes, de nos installations de petits soldats en décors réels, etc... Dans ce genre de travail, avant même la mise en mouvement des personnages, on est bluffé par le soin apporté au moindre objet. Que ce soit chez Nick Park avec Wallace et Gromit, ou Shaun le Mouton, ou ici chez Jean-Yves Blanc. Le soin apporté au moindre détail y est remarquable : le repaire encombré de rangées de vinyls, la platine de guingois et même des effets spéciaux qui font se consumer le blunt de Madlib ! Bon, le problème avec ces types, c'est qu'on se dit qu'ils sont quand même un peu des malades, des maniaques de la minutie.


JYB a réalisé "ce "Strange Ways" avec pour seul outil, un cure-dent ! Et un peu de pâte à modeler. Hélas, il n'a fini que troisième de ce concours que, franchement, il aurait mérité de le gagner.

Pour voir les autres finalistes et le vainqueur du concours de Stones Throw...

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